Etude sociologique

18 décembre 2016 09:13; Act: 18.12.2016 09:37 Print

La méritocratie reste relative en Suisse

L'ascenseur social ne fonctionne pas aussi bien que l'on pourrait penser et les risques d'inégalité croissante vont croître.

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Même l'apprentissage, une voie plébiscitée en Suisse, ne permet pas toujours d'atteindre les sommets. (Photo: Keystone)

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Quatre personnes sur dix ont atteint un niveau social supérieur à celui de leurs parents au XXe siècle. Cette stabilité surprend face aux différentes révolutions économiques qu'a connues la Suisse en 100 ans.

La sociologue lausannoise, Julie Falcon, jette un pavé dans la mare. La méritocratie reste relative en Suisse: l'ascenseur social ne fonctionne pas aussi bien que l'on pourrait penser. Si quatre personnes sur dix s'en sortent mieux que leurs parents, deux dégringolent et quatre autres restent au même niveau.

Les inégalités vont se creuser

Plus grave, l'enseignante à l'Université de Lausanne pense que les inégalités risquent de se creuser dans les prochaines années. L'origine sociale semble prendre encore plus d'importance chez les personnes nées après 1970.

La transformation de l'économie vers celle des services n'a pas augmenté la mobilité sociale, poursuit la chercheuse. «L'accès à l'université s'est surtout ouvert aux personnes les plus favorisées, et le niveau d'études est devenu plus important pour atteindre la classe moyenne supérieure.»

De génération en génération

Les inégalités sociales semblent ainsi se reproduire génération après génération, selon des recherches menées par Julie Falcon. La chercheuse s'est appuyée sur les données de personnes nées entre 1908 et 1978, en compilant les données d'une vingtaine d'enquêtes.

Les informations ont été regroupées en trois catégories: la classe moyenne supérieure (cadres, chefs d'entreprise, ingénieurs, professions libérales et intellectuelles, enseignants), la classe intermédiaire (petits commerçants et artisans, agriculteurs, professions intermédiaires) et la classe populaire (employés de niveau inférieur et ouvriers).

A l'exception des personnes nées entre 1908 et 1934, les chances d'accéder à une catégorie sociale plus élevée que celle de ses parents n'ont pas augmenté. «Ce qui est intéressant, c'est de constater que ces chiffres restent stables durant le XXe siècle. En général, les gens pensent que les perspectives d'ascension sociale ont augmenté», a expliqué la chercheuse à l'ats.

Pour les personnes nées entre 1965 et 1978, 19% des hommes et 14% des femmes sont allés à l'université contre respectivement 8% et 3% pour les hommes et les femmes nés entre 1908 et 1934. «Cette augmentation profite d'abord aux classes supérieures, qui sont surreprésentées dans les universités».

Une femme sur trois (29%) de la cohorte 1965-1978, issue de la classe moyenne supérieure, est allée à l'uni contre 5%, de la classe populaire et 11% de la classe intermédiaire. Pour les hommes, ces proportions valent 39% pour la classe moyenne supérieure, 14% pour la classe intermédiaire et 9% pour la classe populaire.

Faiblesse des bourses

«Le système éducatif reste très sélectif, relève la sociologue. Et le système des bourses, par exemple, n'est pas très développé».

A un niveau de formation égal, les personnes issues de la classe moyenne supérieure se placent souvent mieux que celles venant d'autres couches sociales. Relativement atténuée par un passage par l'uni, cette injustice est plus forte si l'on emprunte les autres filières.

Même l'apprentissage, une voie plébiscitée en Suisse, ne permet pas toujours d'atteindre les sommets. «Celui-ci permet de trouver rapidement un emploi. Mais après on ne grimpe pas facilement dans l'échelle sociale. Et ceux qui y arrivent proviennent généralement d'une classe élevée», poursuit-elle.

Si elle devait citer un pays qui fait mieux, la chercheuse évoque la Suède. «Les inégalités entre les habitants sont moins fortes au départ. Et les enfants vont tôt à la crèche, ce qui permet un travail en amont, gommant ainsi les écarts culturels.»

http://www.socialchangeswitzerland.ch

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • Titan le 18.12.2016 10:46 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Médiocratie

    Je confirme, copinage, médiocrité et incompétence sont les maîtres mots.

  • @debleu le 18.12.2016 10:39 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Médiocratie

    Effectivement, on a plutôt ´l'impression qu'en Suisse c'est la médiocratie qui l'emporte. Notamment dans la pléthorique administration publique, à Geneve, comme en France. Dés que vous prenez une initiative ou restez un peu plus tard pour finir un travail vous êtes mal vu et des rumeurs médisantes courent dans votre servive voire département. C'est lamentable. Le copinage politique garantit aussi la médiocratie !

  • Etienne le 18.12.2016 11:41 Report dénoncer ce commentaire

    Méritocratie de riches

    ah le mérite! la vieille chanson du capitalisme! sauf que pour que certains arrivent tout en haut,il faut que d'autres restent en bas,c'est la règle du capitalisme et le "mérite" passe bien souvent par des filles et fils à papa qui ont les "moyens..."

Les derniers commentaires

  • Trio le 18.12.2016 21:06 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Valorisons le travail réel

    Les métiers "sales" ne sont pas ceux que l'on pense ! Ceux qui gagnent sur le dos des autres par exemple !!!

  • un suisse le 18.12.2016 19:05 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    vu juste

    moi je cherche la nationalité française , pour travailler en Suisse comme frontalier , vu qu elle va me payer au chômage.

  • Titi le terrible le 18.12.2016 19:00 Report dénoncer ce commentaire

    Se salir les mains

    Laissons la place à des gens qui ont un potentiel intellectuel et de la motivation faire leur étude sans tenir compte de la classe sociale de leur parents pour éviter les branleurs issu de classe sociale élevée,et les autres il y a assez de métier dans le bâtiment,hôtellerie ou autre mais cela veut dire qu'il faut se salir les mains et cela évitera de prendre de la main d'oeuvre frontalière bon marché et incapable de faire 2+2. Que les suisses acceptent de mettre les mains dans la M.

  • CON fédéré le 18.12.2016 18:33 Report dénoncer ce commentaire

    C'est bon pour le moral

    À force de continuer comme ça, abus politique, LAMal en augmentation et en même temps en régression pour les remboursements, suppression des franchises selon ce qui arrange assureur et politique, salaire qui stagne et tout le reste qui augmente et maintenant un article sur la meritocratie qui annonce la même couleur.... le jour où ça implose en suisse ça va être le carnage vu que même la police fais grève sur grève ils seront avec le peuple mais heureusement il nous restera les politiciens de "milices" qui comme ils sont de milices,selon un article, ont le droit de sieger au conseil helsana et

  • un patron le 18.12.2016 17:50 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    le rezipet n est jamais ecoute en direction

    allez allez , chacun son époque , il faut faire avec , et surtout ne pas se laisser bouffer , les patrons le repère très vite et vous récompense en vous donnant un poste mérite.