Renvois d'étrangers

04 septembre 2012 14:28; Act: 04.09.2012 15:04 Print

La santé des requérants passe au second plan

Les décisions de renvoi des personnes étrangères prennent rarement en compte le bilan de santé de ces dernières, en Suisse.

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En Suisse, les avis médicaux ne pèsent souvent pas lourd dans les décisions de renvoi des personnes étrangères. Ce constat a été dressé par l'Observatoire romand du droit d'asile et des étrangers (ODAE) qui a publié une brochure traitant de la problématique.

Il faudrait réintroduire un peu d'humanité dans les procédures, a déclaré mardi Laurent Subilia, médecin responsable de la consultation pour victimes de la torture et de la guerre aux HUG. Or, la tendance est à un régression, même si d'autres pays en Europe se montrent encore plus durs que la Suisse dans ce domaine.

Avis médicaux mis en doute

Pour Mariana Duarte, coordinatrice de l'ODAE romand, il devient très difficile de défendre des cas de renvoi lorsque des problèmes de santé sont évoqués. Trop fréquemment, les constats médicaux sont remis en cause par les autorités qui décident du sort des personnes, a-t-elle déploré.

Les dossiers sont généralement examinés sans que ne soient menées des recherches approfondies, a poursuivi Mme Duarte. L'Office fédéral des migrations (ODM) se contente souvent de s'assurer que les soins requis existent dans le pays de la personne concernée par le renvoi, sans se soucier si elle y aura accès facilement.

Conditions difficiles

Dans la plupart des pays, les hôpitaux se trouvent dans les grandes villes et faire 200 kilomètres pour aller chercher ses médicaments quand il n'existe pas de moyens de transports adaptés n'est tout simplement pas possible, a expliqué en substance Cornelia Tinguely, avocate au Groupe sida Genève.

L'ODAE et le Groupe sida Genève ont invité une Ivoirienne séropositive, qui a fui son pays après avoir subi un viol collectif pendant la guerre civile, à raconter devant la presse son parcours du combattant pour pouvoir obtenir un permis humanitaire et rester en Suisse. Au total, l'ODM aura demandé quatre rapports médicaux.

(ats)