Avions de combat

30 novembre 2011 16:28; Act: 30.11.2011 19:12 Print

Le Conseil fédéral choisit les avions les moins chersLe Conseil fédéral choisit les avions les moins chers

La Suisse devrait acheter 22 avions de combat Gripen au groupe suédois Saab. Les premiers engins pourraient arriver dès 2015 à moins que le peuple n'en décide autrement.

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Le Conseil fédéral a tranché mercredi en faveur des Gripen du groupe Saab, pour une facture de 3,1 milliards de francs. Il recale ainsi les Rafale du Français Dassault et les Eurofighter du groupe EADS (D,I,GB,E).

Forcé par le Parlement de presser le pas et de ne pas reporter l'achat des avions destinés à remplacer la flotte vieillissante de Tiger, le gouvernement a finalement abandonné les offres du Français Dassault (Rafale) et du consortium européen EADS (Eurofighter). Les trois types d'engins répondent aux exigences militaires fixées par la Suisse.

Mais le Gripen est «de loin le moins cher», a expliqué le ministre de la défense Ueli Maurer devant la presse. L'offre de Saab s'élève à 3,1 milliards de francs. Mais cette facture pourrait être abaissée en dessous de 3 milliards, selon le conseiller fédéral qui a refusé de dévoiler les montants pour les autres appareils.


Pas le meilleur du meilleur

Autre avantage de l'avion retenu, il offre des possibilités de collaboration avec la Suède, un pays qui n'appartient à aucune alliance militaire, a relevé le ministre. Plusieurs milieux ont critiqué les capacités techniques du Gripen.

Ueli Maurer a repoussé ces accusations d'insuffisance, mais n'a pas souhaité donner de détails sur les notes attribuées à l'avion suédois. Il ne voit pas non plus de risque à se tourner vers un engin qui n'est pas encore opérationnel. «Ce n'est pas une pochette surprise».

Le conseiller fédéral a toutefois reconnu qu'avec l'offre retenue, on renonçait à des records du monde. Le meilleur du meilleur n'est pas toujours à portée de main, surtout avec les difficultés budgétaires qui se dessinent, a-t-il commenté.


Economies à trouver

Formellement, le Gripen devrait être proposé au Parlement dans le cadre du programme d'armement 2012. Ueli Maurer doit encore présenter plusieurs variantes d'acquisition au Conseil fédéral d'ici février. Aucune commande juridiquement contraignante ne sera passée avant que les Chambres, voire le peuple ne se prononcent. Car l'affaire est loin d'être close.

En même temps qu'il a exigé du Conseil fédéral de presser le pas, le Parlement lui a donné mandat d'augmenter dès 2014 le plafond de dépenses pour l'armée à 5 milliards de francs par an, soit 600 millions annuels de plus que prévu par le plan financier pour 2013 à 2015. Ce futur budget doit couvrir aussi bien le fonctionnement d'une armée à 100'000 militaires que l'achat des 22 avions et les mesures à prendre pour combler les lacunes en équipement.

Plusieurs ministres ont fait part publiquement de leurs critiques. Des coupes seront inévitables dans d'autres domaines, comme la formation, la recherche, l'agriculture, l'aide au développement et les infrastructures, ont-ils prévenu. On en saura plus au début de l'année prochaine sur les contours de ce programme d'économies dont Ueli Maurer n'a pas contesté la nécessité.


Référendum voire initiative en vue

Le Conseil fédéral a chargé Eveline Widmer-Schlumpf de creuser le dossier. Il mettra un projet en consultation en même temps qu'il adoptera le message sur l'achat d'avions. Les Chambres pourraient se prononcer dès la fin 2012 sur ce programme d'économies, qui serait conçu sous la forme d'un acte soumis au référendum facultatif et serait lié juridiquement à l'arrêté concernant les Gripen.

Battue au Parlement, la gauche envisage de mener la bataille référendaire mais aussi de lancer une initiative populaire pour empêcher l'achat de nouveaux avions de combat. Ni la décision des Chambres appelant à relever le plafond des dépenses, ni les programmes d'armement ne sont en effet soumis au référendum.

D'autres pistes ont été envisagées pour remplacer les Tiger mais ont été abandonnées: nouvelle flotte de FA-18, avions russes, mise à jour des Tigers, FA-18 d'occasion. Pour ce qui du remplacement des FA-18 à l'horizon 2030, Ueli Maurer a laissé toutes les options ouvertes.

Réactions contrastées

Le choix du Conseil fédéral d'acheter 22 Gripen suédois est vivement rejeté par la gauche. Les Verts, le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) et le PS parlent de faire voter le peuple. A droite, l'UDC et le PLR sont satisfaits alors que la question du financement divise le PDC.

Celle-ci inquiète également au plus haut point le PS, les Verts et le GSsA. Le relèvement du plafond des dépenses de l'armée visant à permettre l'achat des appareils se fera au détriment d'autres départements, soulignent-ils en coeur.

Or, la Suisse a besoin de plus de moyens financiers pour le tournant énergétique, les transports publics, les assurances sociales et la formation, soulignent les Verts. «Des efforts d'économies dans ces domaines au profit d'avions de combat seraient tout à fait inappropriés».

Par ailleurs, il n'est pas indiqué de choisir un nouveau modèle d'avion sans prévoir le financement des acquisitions, fustige le PS. Grief identique de la part du GSsA: «la manière dont on financera ce réarmement absurde n'est toujours pas claire».

Ce manque de transparence doit être rectifié, demande l'organisation anti-militariste. Et celui-ci d'appeler le Conseil fédéral à communiquer de manière claire combien il faudra économiser dans les transports publics, la formation, la coopération au développement et l'agriculture pour pouvoir augmenter les dépenses de l'armée.


Faire voter le peuple

La gauche souhaite donner la possibilité au peuple de s'exprimer sur l'achat des nouveaux avions. Le GSsA et les Verts réclament un référendum. Si le lancement d'un référendum n'est pas possible, les écologistes prévoient une initiative moratoire.

Devant cette inconnue, le GSsA appelle le Conseil fédéral à présenter un projet d'achat qui soit soumis au référendum populaire. Toute autre démarche serait antidémocratique, assure l'organisation.

Le PS débattra samedi de l'opportunité de lancer une initiative garantissant aux citoyens la possibilité de se prononcer sur l'achat d'avions de combat. En outre, le groupe socialiste au Parlement va inviter les Chambres à reprendre la question dans un cadre postélectoral désormais plus propice à la réflexion.


Satisfaction à droite - PDC divisé

Au PDC, divisé sur la question de l'achat des avions de combat, le parti déclare que la question centrale du financement reste ouverte.

L'UDC est elle satisfaite du choix du Conseil fédéral, soulignant l'importance d'»une protection efficace» de l'espace aérien, que les nouveaux avions aideraient à assurer. Cependant, le parti tient à ce que le financement soit garanti «sans que d'autres secteurs de l'armée soient négligés».

Sur le plan technique, Peter Malama (PLR/BS), spécialiste en politique de la sécurité, se réjouit du choix des Gripen. L'armée obtient un avion de combat au point et qui remplit aussi bien les exigences dans la défense aérienne que dans les opérations offensives.

Le rapport utilité-prix d'achat est nettement plus attractif pour le Gripen que pour l'Eurofighter, qui pourrait toutefois être techniquement encore plus au point, estime le conseiller national. «L'armée suisse n'a pas besoin du meilleur type d'avion, mais celui qui correspond le mieux aux exigences de vol demandées».


Commandant des forces aériennes déçu

Fernand Carrel, le commandant en chef des Forces aériennes suisses ne partage pas l'analyse de Peter Malama et dit regretter le choix du Conseil fédéral. «Tous les spécialistes savent que le Rafale de Dassault est le meilleur», a-t-il indiqué sur les ondes de la RSR.

La Société Suisse des Officiers (SSO) salue elle la décision du Conseil fédéral, «qui fait avancer de manière significative l'acquisition d'un nouvel avion de combat». La SSO ne se prononce toutefois pas sur les Gripen.

Elle suppose que le modèle choisi dispose des qualités techniques et opératives dont ont besoin des forces aériennes modernes. La SSO ajoute que le financement des avions ne doit pas prétériter le fonctionnement de l'armée dans son ensemble.

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  • David Roth le 01.12.2011 12:49 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Markus Gygax

    Fernand Carrel n est plus depuis longtemps Commandant des Forces Aériennes Suisse mais il s'agit de Markus Gygax

  • SirVonC le 01.12.2011 12:29 Report dénoncer ce commentaire

    Solidarité avec les pays limitrophes ...

    Nous aurions pu avoir un choix moins pragmatique mais tellement plus solidaire avec nos voisins et pays limitrophes en leur permettant d'avoir un contrat technologique qui permettrait de relancer certaines régions aussi bien en France que dans le reste de l'Union Européenne qui en a bien besoin (l'avion étant construit dans plusieurs pays européens) plutôt que de donner le contrat à un pays qui n'est pas en crise ... et aider à la relance économique et je ne pense pas que les échanges technologiques auraient été moins bons et la Suisse aurait pu vendre la production militaire de chez nous.

  • Dublé le 01.12.2011 10:30 Report dénoncer ce commentaire

    Très bon achat

    Quant je lis certains commentaire, je ne puis m'empêcher de sourire....certains pilotes devraient redescendre de leur nuage et faire preuve de modestie !....le Grippen NG (Nouvelle Génération)est un très bon avion, acheté par plusieurs pays et parfaitement adapté à nos besoin pour les 20 ans à venir !....pour rappel, la Suisse à acheté en 48, 130 chasseurs d'occasion P-51 Mustang au prix unitaire de.......4'000$

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