Politique agricole

01 février 2012 11:25; Act: 01.02.2012 14:28 Print

Le Conseil fédéral écoute les paysansLe Conseil fédéral écoute les paysans

Les paysans recevront près de 13,7 milliards de francs de l'Etat entre 2014 et 2017. Le Conseil fédéral a transmis mercredi au Parlement son message sur la nouvelle politique agricole.

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13,7 milliards de francs seront distribués aux paysans entre 2014 et 2017. (photo: Keystone)

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Les requêtes des agriculteurs ont été largement entendues. La politique agricole 2014-2017 est censée renforcer l'innovation et la compétitivité.

En principe, la production devrait augmenter de 3 à 5%, malgré l'amélioration exigée des prestations en faveur de l'environnement et du bien-être des animaux. Le revenu sectoriel devrait croître quant à lui de 110 millions sur quatre ans.

La répartition des moyens entre les différentes enveloppes demeure largement semblable au système actuel. Les paiements directs se taillent la part du lion avec plus de 2,8 milliards par année, contre quelque 444 millions destinés à la promotion des ventes et 160 millions pour les mesures sociales.

Critiques

La politique agricole 2014-2017, qui sera soumise au Parlement, mécontente à la fois les paysans et les écologistes. L'USP regrette qu'elle n'apporte pas d'améliorations pour le revenu des familles paysannes. Pour les organisation de protection de la nature, elle ne reconnaît pas assez l'importance du bio.

Pour l'Union suisse des paysans (USP), le Conseil fédéral n'a pas assez pris en compte les revendications du monde agricole lors de la procédure de consultation. L'enveloppe financière n'est par exemple pas indexée au renchérissement, ce qui conduira l'agriculture à fournir plus de prestations pour le même montant.

Le Conseil fédéral n'offre toujours pas de perspectives réjouissantes pour le revenu des paysans, relève l'organisation. L'USP regrette en outre la tendance à un renforcement des mesures écologiques et paysagères au détriment d'une production agricole variée destinée à l'alimentation.

L'Union suisse des arts et métiers (usam) réclame également des ajustements. Comme les recettes ne devraient pas augmenter, il faut baisser les coûts de production afin de garantir le revenu paysan. L'usam appelle le monde agricole à soutenir le secteur du commerce et de l'industrie pour exiger une déréglementation.

Seul le Groupement suisse pour les régions de montagne (SAB) se réjouit des modifications apportées au projet. Celles-ci ont mieux pris en compte les prestations fournies par l'agriculture de montagne.

Principe de l'arrosoir

Bio Suisse salue le coup de pouce à la production écologique via les paiements directs. Mais l'organisation regrette que près de deux tiers des paiements directs soient toujours «répartis selon le principe de l'arrosoir». Bio Suisse continue d'exiger un doublement des contributions pour les surfaces bio ainsi qu'un plan d'action pour l'agriculture biologique.

Un point de vue partagé par Pro Natura qui estime que les 11 milliards prévus pour les paiements directs sur les 4 ans devrait être mis au service d'une agriculture plus respectueuse des consommateurs et de la nature. Pour elle, il s'agit d'une demi- réforme, «bloquée par la pression massive du lobby paysan».

(ats)

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