Assemblée du PLR

16 octobre 2010 11:53; Act: 16.10.2010 16:24 Print

Le PLR se positionne pour 2011

Le PLR entend se placer pour les élections fédérales de 2011 grâce à une prise de position sur la politique étrangère et sur l'Union européenne.

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Le PLR souhaite une politique étrangère suisse «offensive» et «globale». Il prône la conclusion de nouveaux accords bilatéraux avec l'UE - la voie bilatérale restant «la meilleure des solutions» - ainsi que de nouveaux accords de libre-échange propres à ouvrir des marchés à l'industrie d'exportation.

Les délégués du parti réunis samedi à Herisau (AR) ont approuvé un «papier de position» intitulé «La Suisse face à la mondialisation - Politique étrangère autonome, libre-échange et médiation active entre les partis en conflit», qui regroupe 13 revendications du PLR. Ce dernier se positionne ainsi en prévision des élections fédérales de 2011.

Une minorité de 52 délégués sur les quelque 200 présents n'a pas souhaité exclure totalement une adhésion à l'Union européenne (UE). Parmi eux figuraient la conseillère nationale bernoise Christa Markwalder et son collègue tessinois Ignazio Cassis.

UE: trop d'inconnues pour adhérer

Les délégués ont finalement suivi leur président de parti Fulvio Pelli, qui a plaidé pour un soutien clair à la voie bilatérale. Il y a trop d'inconnues concernant le développement futur de l'UE pour y adhérer, a estimé M. Pelli. La voie de l'isolement ou celle d'une adhésion à l'Espace économique européen (EEE) ne constituent pas davantage des «options envisageables à l'heure actuelle».

Selon le document adopté, le parti exige de nouveaux accords avec l'UE en matière d'électricité, de santé, d'AOC, de navigation satellitaire et de libre-échange agricole.

Accords internationaux

Parmi les revendications du PLR figurent aussi la «conclusion rapide» du Cycle de Doha ainsi que l'élargissement du réseau des accords de libre-échange, notamment avec les pays et régions émergents (Chine, Inde, Russie et Amérique latine). La Suisse doit aussi assumer des postes importants au sein des organisations internationales. Le PLR soutient ainsi une candidature au Conseil de sécurité de l'ONU.

Fulvio Pelli a par ailleurs vertement critiqué l'alliance «désastreuse» du PS et de l'UDC qui «bloque les réformes», comme la 11e révision de l'AVS. C'est une coalition «d'envieux, de nationalistes et de neinsager», a-t-il affirmé. Face à cette coalition de blocage, il y a la politique «constructive et orientée vers des solutions» du PLR.

Hans-Rudolf Merz fait ses adieux

Les délégués du PLR ont aussi pris congé par une ovation debout du conseiller fédéral Hans-Rudolf Merz. Fulvio Pelli n'a pas hésité à le qualifier de «ministre des finances le plus couronné de succès d'Europe».

Son passage au Conseil fédéral a coïncidé avec «sept années de vaches grasses pour les caisses de l'Etat», a-t-il relevé. Les dettes ont été réduites de plus de 20 milliards et un excédent a même pu être présenté en 2009, année de crise.

L'Appenzellois a lui à nouveau tiré un bilan positif de son action. Il a également admis avoir traversé quelques «moments difficiles». Mais l'affaire libyenne et le dossier bancaire ne sauraient détourner l'attention des vrais grands défis de ses sept ans d'activité, a-t-il estimé, visiblement ému.

M. Merz a rappelé être entré en fonction en 2003 avec la promesse de stabiliser les finances fédérales. Une mission qu'il dit avoir accomplie, de même que la mise en place de réformes fiscales.

Renvoi d'étrangers

Concernant l'initiative de l'UDC pour le renvoi des criminels étrangers soumise au peuple le 28 novembre, les libéraux-radicaux ont recommandé le non. Seuls 6 délégués ont approuvé l'initiative, alors que 195 s'y sont opposés. Le contre-projet du Parlement, que les libéraux-radicaux ont contribué à élaborer, a été approuvé par une majorité tout aussi nette de 204 délégué contre un.

Pour le PLR, l'initiative UDC contredit notamment l'accord de libre circulation des personnes passé avec l'UE. Le contre-projet permettra lui d'éviter les décisions arbitraires ou les violations des droits constitutionnel et international.

(ats)