Nidwald

27 août 2014 10:18; Act: 27.08.2014 11:33 Print

Le français ne sera plus enseigné au primaire

Après la Thurgovie, Nidwald supprime à son tour l'enseignement de la langue de Molière à l'école primaire. Le canton entend en revanche augmenter les heures de français au secondaire.

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Par la voix de son ministre de l'instruction publique Res Schmid (UDC), le gouvernement du canton a répondu ainsi mercredi, par écrit, à un postulat du parlement nidwaldien. Ce dernier demandait à l'exécutif d'étudier la possibilité de supprimer l'enseignement du français à l'école primaire. L'exécutif a du même coup apporté son soutien à une initiative de l'UDC, déposée en avril dernier, réclamant cette suppression.

«Hochdeutsch» négligé

Selon le Conseil d'Etat nidwaldien, l'enseignement de deux langues étrangères à l'école primaire - l'anglais dès la 3e et le français dès la 5e année - surcharge les élèves. Conséquence: l'apprentissage du «bon allemand» et des sciences naturelles est négligé. Enseignants et parents d'élèves ont en outre critiqué l'enseignement de deux langues étrangères au cycle primaire.

L'introduction de l'enseignement du français en 5e année à Nidwald date de 1996. L'anglais y est enseigné dès la 3e depuis 2005. Le lien entre l'âge des élèves et l'efficacité de l'apprentissage de langues étrangères est difficile à évaluer, estime le gouvernement sur la base de plusieurs études.

Anglais plus important

Une étude sur l'enseignement de l'allemand et des langues étrangères dès les 3e et 5e années en Suisse centrale a toutefois révélé des résultats positifs, concède l'exécutif nidwaldien. Mais les sondages menés auprès des enseignants montrent que la majorité de ces derniers désapprouvent ce système et s'estiment dépassés par le défi qu'il représente.

La plupart des enseignants nidwaldiens déplorent par ailleurs des faiblesses en langue écrite allemande. Ils attribuent en outre davantage d'importance aux connaissances en anglais qu'à celles en français, constate le gouvernement. Il en va de même des parents.

Des séjours pour renforcer les liens

Pour les autorités, il n'est pas question d'affaiblir le français pour autant. Le gouvernement veut renforcer le nombre d'heures d'enseignement du français à l'école secondaire. Il entend également faire de Nidwald le premier canton rendant obligatoire un séjour linguistique dans une région francophone.

Le Conseil d'Etat nidwaldien se dit «convaincu» que ces mesures permettront aux jeunes sortant de l'école obligatoire d'atteindre «un niveau égal, si ce n'est même supérieur» à celui dont disposent les élèves des cantons qui maintiennent le système des deux langues étrangères à l'école primaire. En ce sens, l'exécutif de Nidwald considère que son futur système renforcera le lien confédéral.

Polémique nationale

Cette décision intervient en pleine polémique nationale sur l'enseignement du français à l'école primaire dans les cantons alémaniques non limitrophes de la Suisse romande ou de la France. Il y a deux semaines, le parlement thurgovien a décidé, lui aussi, de supprimer l'enseignement de cette langue nationale à l'école primaire.

Ministre de l'éducation, le conseiller fédéral Alain Berset est intervenu la semaine dernière pour rappeler que les cantons sont tenus, par un compromis, d'enseigner une deuxième langue nationale à l'école primaire. «Sans quoi le fédéralisme ne fonctionne pas», a-t-il ajouté. Si les cantons n'arrivent pas à s'accorder, le Conseil fédéral pourrait intervenir conformément à la Constitution.

D'autres cantons suivent

Dans les Grisons, une initiative populaire allant dans le même sens que l'initiative nidwaldienne a abouti en novembre dernier. Dans le canton de Lucerne, la récolte de signatures est encore en cours pour un texte similaire.

Le Parlement schaffhousois a, lui, approuvé un postulat demandant au gouvernement d'exiger une adaptation du concordat HarmoS, afin de supprimer l'obligation d'enseigner deux langues étrangères à l'école primaire. Dans les cantons alémaniques non limitrophes de l'espace francophone, le français est actuellement enseigné dès la 5e, contrairement aux cantons limitrophes qui l'enseignent dès la 3e.

(ats)