Votation du 4 mars

09 février 2018 11:09; Act: 09.02.2018 11:09 Print

Le groupe Rouge soutient «No Billag»

Le groupe de radio et de télévision estime «que la libre concurrence est gage de la diversité».

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L'initiative «No Billag», déposée en décembre 2015, veut supprimer la redevance radio-TV et vise un financement purement commercial de la radio et de la TV. Elle exige que Berne ne subventionne pas des chaînes, qu'elle n'en exploite pas en temps de paix et qu'elle mette des concessions régulièrement aux enchères. Tout le monde doit pouvoir décider comment il souhaite dépenser l'argent qu'il gagne, estiment les initiants. Chaque individu doit avoir le droit de décider si il est d'accord de dépenser plus de 450 francs par an pour la radio et la télévision. Actuellement, tout ménage et entreprise qui peut capter des programmes radio ou TV, y compris sur smartphone ou tablette doit payer la redevance. Dès 2019, celle-ci sera remplacée par une redevance générale de 365 francs par an. Les entreprises paieront une redevance calculée en fonction du chiffre d'affaires pour autant que celui-ci soit supérieur à 500'000 francs. S'il est inférieur, elles seront exemptées ; trois quarts d'entre elles sont concernées. Pour la Confédération, abolir la redevance reviendrait à devoir supprimer à court terme la SSR.Celle-ci ne pourrait plus financer des programmes pour la Romandie avec l'argent d'outre-Sarine. L'abolition de la redevance radio-TV conduirait à ne plus produire que ce qui est rentable. La SSR oeuvre dans les 4 régions linguistiques pour remplir le mandat de service public. La redevance sert à cofinancer d'une part les programmes de la SSR en Suisse alémanique, en Suisse romande et en Suisse italienne, de même que des émissions en rhéto-romanche La redevance finance en outre 21 radios locales et 13 télévisions régionales. La Suisse alémanique fournit 73% de la redevance, alors que la part de la Suisse romande n'est que de 23%, celle de la Suisse italienne de 4% et celle de la Suisse rhéto-romanche de 0.5%. Proportionnellement au nombre d'habitants, la RTS, la RSI et la RTR touchent une part très importante de la redevance et des recettes publicitaires. La SSR a reçu en 2016 1,37 milliard de francs au titre la redevance, ceci pour 1,6 milliard de charges.Mais la quote-part qui lui revient sera réduite. A l'automne 2017, le Conseil fédéral a décidé de la limiter à 1,2 milliard de francs dès 2019. La redevance représente 75% du budget de la SSR et une part importante de celui des radios locales et des télévisions régionales. L'initiative menace donc l'existence de la SSR et de nombreux diffuseurs de radio et de télévision. Depuis le 1er juillet 2016, les programmes des radios et télévisions régionales reçoivent 67,5 millions de francs par an, un montant qui passera à 81 millions à partir du 1er janvier 2019. Aujourd'hui, la moitié des recettes publicitaires nettes dans le domaine de la télévision sont réalisées par la SSR. Les diffuseurs privés suisses captent environ 11 % de ce total. Plus de 40 % reviennent déjà aux fenêtres publicitaires étrangères. Dans les pays voisins, les chaînes du service public disposent de moyens bien plus élevés que la SSR. En outre, à la différence de la SSR, elles ne doivent pas fournir des offres en quatre langues, mais dans une seule langue

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Le groupe Rouge se prononce en faveur de l'initiative «No Billag» en votation le 4 mars prochain. L'éditeur estime «que la libre concurrence est gage de la diversité».

Financé par la publicité, le groupe Rouge ne touche pas de quote-part de la redevance, rappelle-t-il dans un communiqué. Il estime que «l'abondance d'argent» liée à cette redevance a «entraîné une hégémonie du service public sur l'audiovisuel et a étouffé ainsi tout développement d'une véritable concurrence privée».

Le groupe, qui édite notamment radio Rouge et Rouge TV, ajoute qu'en Suisse romande sur plus de 30 chaînes de télévision et radio, huit sont exclusivement financées par des fonds privés. «Leur budget total additionné représente à peine 2% de celui de leurs concurrents publics», peut-on lire.

(nxp/ats)