Suisse

25 novembre 2013 16:34; Act: 25.11.2013 16:42 Print

Le surprenant succès des Jeunes UDC

L'acceptation de l'initiative des Jeunes UDC bernois en faveur d'un durcissement des conditions de naturalisation a surpris la droite et crée la consternation de la gauche.

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Personne ne s'attendait à un tel résultat. Sa mise en oeuvre pourrait être problématique. Cette initiative, qui prive les délinquants et les bénéficiaires de l'aide sociale du droit de cité, a été acceptée dimanche par 55,8% des votants. Même l'arrondissement bilingue de Bienne, qui vote traditionnellement à gauche, a soutenu cette modification de la constitution cantonale.

Appel au rejet

A l'exception de l'UDC, tous les partis politiques ont appelé au rejet de cette initiative, mais sans pour autant se mobiliser. Le comité interpartis en faveur du non est resté discret durant la campagne. Le gouvernement n'a pas présenté de contre-projet, affirmant que la pratique actuelle était déjà suffisamment stricte, parfois même plus sévère que le texte de l'initiative. Les Jeunes UDC estiment ne devoir partager ce succès avec personne. La section cantonale du parti a recommandé de voter oui, mais sans pour autant s'engager davantage, a expliqué lundi à l'ats le député Erich Hess, auteur de l'initiative. Les Jeunes UDC ont prélevé 50'000 francs dans leurs caisses pour mener la campagne.

Mise en œuvre problématique

En attendant la mise en oeuvre de l'initiative, Erich Hess a demandé au canton de décréter un moratoire sur les nouvelles demandes de naturalisation. Certains passages de l'initiative pourraient se révéler contraires au droit fédéral. Le texte rend en effet impossible la naturalisation de personnes physiquement ou mentalement handicapées qui bénéficient de l'aide sociale indépendamment de leur volonté. L'initiative stipule que le droit de cité sera refusé à quiconque aura été condamné pour un crime ou un délit à une peine de prison de deux ans au moins. La naturalisation sera aussi refusée à une personne au bénéfice des prestations de l'aide sociale ou qui n'aura pas remboursé les prestations perçues.

Le passeport à croix blanche ne sera pas non plus délivré à ceux qui ne peuvent pas «justifier de bonnes connaissances d'une langue officielle ni de bonnes connaissances des institutions suisses et cantonales et de leur histoire». Pour les Jeunes UDC, il était trop facile d'obtenir le passeport suisse dans le canton de Berne.

(ats)