Service civil

15 septembre 2015 10:05; Act: 15.09.2015 17:27 Print

Les civilistes viendront au secours des écoles

La Chambre basse a finalement accepté de permettre aux autorités cantonales ou communales de recourir au service civil dans les structures scolaires.

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(Photo: Keystone)

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Les civilistes pourront jouer les «pions» dans les écoles. Le National a finalement cédé mardi et accepté cette possibilité d'affectation prévue dans la révision de la loi sur le service civil. Les cantons et les communes seront libres d'y recourir ou non.

Pour faire face au nombre croissant de personnes qui font un service civil (1,5 million de jours effectués en 2014), le Conseil fédéral propose de leur permettre de surveiller les récréations et donner un coup de main lors des devoirs, pendant les repas, à la conciergerie ou en période de camps scolaires.

Cette nouvelle affectation est toutefois critiquée à droite, où l'on craint qu'une telle extension soit à la longue utilisée pour combler un manque de personnel. La responsabilité de l'enseignant ne peut pas être déléguée. L'école a besoin de personnel ayant une formation adéquate, a critiqué Hans Fehr (UDC/ZH). Et d'évoquer des expérimentations douteuses servant à promouvoir le service civil.

Ces arguments ont été balayés au Conseil des Etats. Après y avoir été sensible, la Chambre du peuple s'est finalement ravisée par 97 voix contre 87. Les chefs cantonaux de l'instruction publique et les associations d'enseignants sont favorables à cette mesure, a rappelé Rosmarie Quadranti (PBD/ZH).

Les civilistes ne remplaceront pas les enseignants qualifiés, a assuré Edith Graf (PS/TG). Dans les écoles intégratives, pour handicapés par exemple, cette affectation est déjà autorisée. Et l'expérience est bonne. Les temps ont changé et les besoins de l'école aussi, a ajouté Aline Trede (Verts/BE). De plus en plus d'élèves ne rentrent par exemple pas manger à la maison à midi.

Aussi dans l'intérêt des enfants

La Fédération suisse du service civil (CIVIVA) se réjouit du revirement du National. Cette décision rendra possible la réalisation de nombreuses nouvelles places d'affectation, écrit l'association dans un communiqué.

«Il est évident que les civilistes ne sont pas capables et ne doivent pas prendre la place des enseignants», confirme la CIVIVA. Cependant ils viendront compléter le travail pédagogique effectué par le corps enseignant, qui pourra ainsi se concentrer sur ses tâches principales. Le travail d'accompagnement et de soutien renforcé qu'apporteront les civilistes ne sera que bénéfice pour les enfants, souligne la CIVIVA.

Biens culturels

Le National a par ailleurs accepté tacitement d'étendre aux projets de conservation de biens culturels l'aide financière fédérale exceptionnelle en faveur des établissements d'affectation de civilistes. Les 3,6 millions de francs à disposition seront répartis entre davantage d'associations. Sans cet ajout, la loi aurait limité le coup de pouce au domaine de la protection de l'environnement et à celui de la forêt.

Journée d'introduction

Les aspirants civilistes continueront de prouver leur conflit de conscience en acceptant d'accomplir un service une fois et demie plus long que l'armée. Ils devront désormais prendre part à une journée d'introduction avant même leur admission. Le but est qu'ils s'interrogent sérieusement en amont sur les conséquences de leur décision.

Et ils devront toujours confirmer leur demande d'accomplissement du service civil. Une polémique est née après l'introduction, en avril 2009, de la preuve par l'acte. L'abandon des examens de conscience a provoqué une explosion des demandes, à plus de 8500 en un an. Mais le soufflé est retombé ensuite, à quelque 5700.

Si la nouvelle loi prévoit d'anticiper davantage la décision de s'engager dans le service civil, il sera à l'avenir également possible à une recrue de se raviser après avoir déjà effectué des jours de service. Une recrue militaire pourra déposer une demande d'admission au service civil quand elle le souhaite, précise la Fédération suisse du service civil.

Paysans et engagement à l'étranger

D'autres corrections sont prévues. Pour les exploitations agricoles, il suffira de faire valoir un besoin. L'indemnité pour l'usage d'un logement privé disparaîtra. Seuls les paysans recevant des contributions à la biodiversité, au paysage cultivé ou des aides pour des améliorations structurelles pourront recourir à des civilistes.

Les engagements à l'étranger devront quant à eux servir la promotion civile de la paix, la coopération au développement ou l'aide en cas de catastrophe.

Autre innovation, la formation des adeptes du service civil sera développée. Des cours obligatoires seront introduits pour tous les civilistes, alors qu'ils ne sont aujourd'hui obligatoires que pour ceux qui s'acquittent de tâches sanitaires. Leur durée sera prolongée jusqu'à trois semaines, de façon à augmenter l'utilité des affectations qui s'ensuivent.

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • KillZivi le 15.09.2015 11:31 Report dénoncer ce commentaire

    Pas d'aide en cas de catastrophe

    Créez une vraie protection civile à la place avec des hommes, des moyens et surtout une vraie formation telle que 3 mois comme l'école de recrue et arrêtons cette hypocrisie de apte armée/inapte PCi. Ou on est apte et intéressé à l'armée, ou bien apte et refusant les armes. Ce service civile est vraiment une idiotie et la PCi un vaste blague. Nous pouvond faire mieux et satisfaire autant la droite par le côté disciplinaire et la gauche par le côté aide et social.

  • Pauvre école le 15.09.2015 11:28 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Utopie

    Enseigner est un métier difficile et complexe qui nécessite des compétences pédagogiques et relationnelles en lien avec les programmes scolaires. Même avec une solide formation, ce n'est pas gagné d'avance. Courage aux civilistes... et tant pis pour les élèves...

  • Dom Leuba le 15.09.2015 12:20 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pfffffff

    C'est du grand n'importe quoi

Les derniers commentaires

  • Canard le 02.02.2017 09:15 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Profit

    Les civilistes sont des gâche métiers sans le vouloir car une main d'uvre bon marché pour des tâches exigeantes dont il n'ont pas les compétences. En clair, beaucoup de secteurs profitent de la situation.

  • Luc le 16.09.2015 13:31 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Mais oui

    Les civilistes sont déjà des loppettes qui ne veulent pas lever le petit doigt pour la société, alors si on les mets dans des écoles bonjours l'exemple pour nos enfants. Que vont-ils bien pouvoir apporter de positif ?

  • Bernard le 16.09.2015 13:26 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ça va pas non

    C'est du grand n'importe quoi, il ne vous ai jamais venu à l'idée qu'il faut être formé dans la branche pour ce genre de chose...

  • Merci bis le 16.09.2015 07:48 Report dénoncer ce commentaire

    Mort de rire bis, suite

    Il n'y a donc personne qui peut nous expliquer la différence entre la PC et le service civil ? Peut-on en déduire que les commentaires laissés suite à cet article sont, hélas, sans réelles connaissances du sujet ? Est-ce qu'un journaliste du 20' aurait la réponse ?

  • Paul Tergeist le 15.09.2015 14:39 Report dénoncer ce commentaire

    Bonne nouvelle!

    Vu que le corps enseignant est composé à 98% de parfaits gauchistes, c'est sûr que cette nouvelle opportunité les enchantera et qu'ils y feront rapidement recours...