Église catholique

11 décembre 2011 18:53; Act: 12.12.2011 11:59 Print

Long cortège pour l'évêque Charles Morerod

Les fidèles du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg ont attendu plus de treize mois leur nouvel évêque, ordonné dimanche en la cathédrale Saint-Nicolas de Fribourg.

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Le nouvel évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg a été attendu plus de treize mois. La cérémonie d'ordination de Mgr Charles Morerod dimanche à Fribourg a d'autant plus été empreinte de ferveur et d'émotion.

Un long cortège de près de 300 prêtres et une quarantaine d'évêques et de cardinaux a accompagné le nouvel évêque à la cathédrale Saint-Nicolas. Ce dernier a été salué par des gardes suisses et trois coups de canon.

A son passage, une petite foule l'a applaudi. La plupart des fidèles s'étaient déjà empressés d'entrer dans les églises afin d'être sûrs d'avoir une place: ceux qui n'en ont pas trouvé à la cathédrale ont en effet pu suivre la cérémonie sur grand écran dans deux autres églises, également pleines à craquer.

De nombreuses personnalités se sont jointes à la cérémonie. Tous les membres du Gouvernement fribourgeois nouvellement élus étaient présents, ainsi que les conseillers d'Etat vaudois Philippe Leuba, neuchâtelois Jean Studer et genevois Charles Beer et une dizaine de conseillers nationaux.

Bras en croix

Un des moments particulièrement intenses a été celui où le futur évêque s'est prosterné, les bras en croix, sur le sol. Pendant de longs moments, il est resté recueilli, alors que s'égrenait la litanie des saints et que crépitaient les flashs des nombreux photographes.

Il s'est ensuite agenouillé et a été accueilli dans la communauté des évêques: chacun d'eux lui a posé les mains sur la tête, sans un mot, et dans un recueillement évident. Le cardinal fribourgeois Georges Cottier, qui a présidé l'ordination, lui a alors oint la tête, remis l'Evangile ainsi que les signes de sa charge, soit l'anneau, la mitre et la crosse.

Au moment de lui remettre l'anneau, le cardinal a commis un petit lapsus et parlé d'agneau. Silhouette fragile, par moments chancelante, le cardinal âgé de 89 ans a mené la cérémonie d'ordination d'une voix ferme et grave.

Est venue ensuite l'heure de la liturgie eucharistique avec la prière, l'oraison et la communion. Et les discours. Le président du Conseil d'Etat, Erwin Jutzet, a parlé au nom des gouvernements fribourgeois, vaudois, neuchâtelois et genevois.

Les attentes

Les fidèles attendent un évêque proche des gens et de leurs préoccupations, un évêque jetant sur les grandes questions de notre époque une lumière de spiritualité, de générosité et d'humanisme, a dit le ministre socialiste avant d'affirmer: «Je suis sûr que vous serez cet évêque.»

Ce n'est pas un secret et le nouvel évêque l'a dit ouvertement: il ne désirait pas devenir évêque. M. Jutzet a cité pour l'occasion quelques vers d'Alfred de Musset popularisés par Georges Brassens dans une chanson intitulée «A mon frère revenant d'Italie».

Les défis

Au nom de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse, le pasteur et ancien député fribourgeois Daniel de Roche lui a adressé quelques mots. Il est revenu sur la devise de Mgr Morerod: «Pour moi, vivre, c'est Christ.» Pouvoir le dire est sans aucun doute une grâce, mais elle représente aussi un défi, lui a-t-il dit.

Dans son homélie, le cardinal Cottier a aussi mentionné les défis qui attendent le nouvel évêque: l'immigration croissante de populations étrangères au christianisme et le nombre important de ceux qui s'éloignent de l'Eglise. Selon lui, ce phénomène d'éloignement est frappant chez les jeunes. «C'est à des personnes blasées, souvent hostiles, que la parole de salut doit être adressée.»

Pas si nerveux

Tout au long de la cérémonie, le nouvel évêque s'est montré calme, concentré et recueilli. Peu avant la cérémonie, rencontrant la presse, il a dit avec humour être «moins nerveux que ce que l'on a dit».

Après la cérémonie est venu le temps des festivités, marqué par cinq coups de canon. Un apéritif a été servi sous tente - chauffée - sur la place de Notre-Dame. Au menu: soupe de chalet, pain, fromage, spécialités du terroir et 400 bouteilles de vin offertes par le canton et la ville de Fribourg.

Théologien de haut niveau âgé de 50 ans, Mgr Morerod a enseigné à Rome ces quinze dernières années. Il a été recteur de l'Université pontificale Saint-Thomas-d'Aquin, également appelée l'Angelicum, ainsi que secrétaire général de la Commission théologique internationale au Vatican.

C'est un homme influent au Vatican et ayant la confiance du pape qui prend les rênes d'un diocèse comptant quatre cantons (Vaud, Genève, Fribourg, Neuchâtel), 690'000 catholiques, 300 prêtres et 400 laïcs permanents.


TSR

(ats)