Votations 5 juin

25 avril 2016 11:10; Act: 25.04.2016 12:55 Print

Mauvaise surprise dans le camp du revenu de base

par Christine Talos - L'ex-porte-parole de la Confédération Oswald Sigg, membre du comité des initiants, estime qu'il sera très difficile de le mettre en oeuvre.

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Oswald Sigg tient des propos à contre-courant des initiants du RBI. (Photo: Keystone)

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Les Suisses doivent se prononcer le 5 juin sur le revenu de base inconditionnel (RBI), soit une somme d'argent mensuelle suffisante pour vivre, qui serait versée à tout le monde et qui s'additionnerait au salaire. L'initiative ne mentionne aucun montant précis. Néanmoins, ses auteurs évoquent la somme de 2500 francs par adulte et 625 francs pour les mineurs. Parmi les initiants de ce texte controversé, l'ancien porte-parole de la Confédération Oswald Sigg. Qui vient de tenir des propos à contre-courant du comité ce lundi dans le Tages-Anzeiger.

«Je ne crois pas qu'il soit possible d'introduire un RBI en Suisse si on est le seul pays à le faire», a-t-il expliqué. «Cela provoquerait très probablement une forte hausse de l'immigration», reconnaît-il. Oswald Sigg constate que «de tels changements profonds ne peuvent être introduits que dans un réseau de pays à l'échelle européenne». Il continue: «si l'initiative est acceptée, je ferais d'abord un essai dans un canton. Ainsi le RBI pourrait être testé dans des conditions de laboratoire. On pourrait ainsi limiter le nombre de bénéficiaires à ceux qui vivent dans ce canton-pilote».

Un argument populiste

Les autres initiants ne partagent pas son point de vue. Daniel Häni n'a aucune hésitation à introduire un RBI en Suisse, même s'il serait favorable à son instauration à l'échelle internationale. Il faut bien commencer quelque part, sinon on ne l'aura jamais, dit-il au Tagi.

Le Bâlois estime que le problème de l'immigration est un argument populiste. Selon lui, les parlementaires pourraient introduire une période d'attente pour les immigrants, même si du coup le texte de l'initiative qui évoque la population entière du pays, ne serait pas respecté à la lettre. Mais il n'a pas l'intention de lancer une initiative de mise en oeuvre si le texte est accepté.

Mais il y a très peu de chances pour que les Suisses acceptent cet objet le 5 juin. A sixsemaines des votations fédérales, le premier sondage en ligne réalisé sur les sites du groupe Tamedia montrait vendredi que les citoyens étaient plutôt hostiles au RBI. Ils disaient non à 57% à cette proposition, tandis que 40% des sondés la soutenaient.

(nxp)