«No Billag»

14 septembre 2017 07:19; Act: 14.09.2017 13:12 Print

«No Billag» ne convainc pas au National

La Chambre du peuple a débattu de la suppression de la redevance exigée par l'initiative. L'UDC plaide pour une facture réduite de moitié. Les discussions reprennent lundi.

Le peuple devrait se prononcer début mars prochain sur l'initiative «No Billag»
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La suppression de la redevance radio-TV ne convainc pas au Parlement. Le National a débattu de cette initiative populaire toute la matinée jeudi. L'UDC, avec le soutien de l'économie, a plaidé pour une alternative: couper de moitié les vivres à la SSR.

Philippe Nantermod (PLR/VS), membre du comité d'initiative, défend la suppression complète de la redevance:

La décision ne devrait pas tomber avant le 25 septembre. Sur les 69 orateurs prévus, seule une quarantaine se sont exprimés jusqu'ici.

Bientôt une votation

L'issue de la votation populaire, qui pourrait intervenir dès le printemps, soulève de nombreuses craintes chez les partisans du service public. Le «oui» de justesse à la réforme de la redevance en juin 2015 a montré une certaine grogne au sein de la population. Selon plusieurs représentants de l'UDC, elle est due à l'arrogance et à la politisation de la «chaîne d'Etat».

La redevance s'élève actuellement à 451,10 francs par an et par ménage. Avec sa généralisation d'ici 2019, la facture devrait baisser à moins de 400 francs alors que les entreprises dont le chiffre d'affaires dépasse 500'000 francs par an débourseront entre 400 et 39'000 francs.

En 2015, la redevance a rapporté 1,35 milliard de francs (hors TVA). Sur ce total, la part de la SSR est de 1,235 milliard, soit l'essentiel de son budget de quelque 1,6 milliard. Le reste est essentiellement allé à 34 radios et télévisions locales et régionales.

Laisser la place aux privés

L'initiative «Oui à la suppression des redevances radio et télévision (suppression des redevances Billag)», déjà rejetée par le Conseil des Etats, priverait totalement le service public de cette manne. Certains comme Lukas Reimann (UDC/SG) la soutiennent bec et ongles. Chacun devrait être libre de choisir le média qu'il veut suivre sans devoir s'acquitter d'un «impôt».

A défaut, l'UDC propose de limiter la redevance à 200 francs par ménage et d'en exempter les entreprises. La SSR n'est pas là pour diffuser des séries américaines alors que des télévisions privées peuvent le faire. Elle doit se concentrer sur le service public stricto sensu, a affirmé Gregor Rutz (UDC/ZH).

Le Bernois Adrian Amstutz a quant à lui dénoncé un monopole qui uniformise l'offre et empêche la concurrence privée de respirer. L'UDC a pu rallier à sa cause Hans-Ulrich Bigler (PLR/ZH), directeur de l'Union suisse des arts et métiers (usam), qui soutient le contre-projet. Mais ni ce texte, ni l'initiative ne sont officiellement soutenus par le PLR.

Pas de démantèlement !

Les conséquences financières seraient catastrophiques, ont averti de nombreux orateurs. La SSR devrait fermer de nombreuses antennes au détriment des régions périphériques, a insisté Martin Candinas (PDC/GR). Elle ne pourra pas compenser ses pertes avec la publicité. Les radios et télévisions locales seraient aussi frappées. Pis, le paysage audiovisuel suisse serait à la merci des médias étrangers.

Le discours du Genevois Hugues Hiltpold (PLR), au nom de la commission en faveur d'un non à l'initiative:

La gauche, le PDC et plusieurs élus de droite, notamment romands, refusent de se lancer dans un démantèlement de la SSR et du service public. La qualité de l'offre mais aussi le débat démocratique ainsi que la transmission d'évènements sportifs en pâtiront. Plusieurs orateurs ont évoqué une «berlusconisation» et un coup sérieux porté à la production cinématographique suisse.

La diversité culturelle et linguistique est en jeu, a affirmé Viola Amherd (PDC/VS). Les privés ne pourront pas pallier les manques d'offre. Des bouquets payants seraient beaucoup trop chers pour les téléspectateurs, a poursuivi Edith Graf (PS/TG). Des milliers d'emplois seraient mis en danger par des coupes dans la redevance, selon son camarade neuchâtelois Jacques-André Maire.

Du côté des Verts, on souhaiterait limiter la publicité sur les ondes de la SSR. Les Vert'libéraux auraient quant à eux aimé, à titre de «compromis typiquement helvétique», plafonner à 1,1 milliard la quote-part de redevance destinée au diffuseur national de service public.

Campagne féroce

En face, on hausse le ton. Si on ne va pas plus loin que la limitation à 1,2 milliard, évoquée par le Conseil fédéral, une réelle campagne en faveur de l'initiative pourrait être menée.

La menace a été lancée par le président de l'usam Jean-François Rime (UDC/FR). Selon lui, il est inacceptable que les entreprises doivent payer 200 millions de francs de redevance. Toni Brunner (UDC/SG) et Céline Amaudruz (UDC/GE) sont tentés de se rallier à l'initiative.

De l'eau coulera encore sous les ponts avant la votation populaire. Le gouvernement va présenter une nouvelle mouture de la concession de la SSR d'ici la fin de l'année. Et il devrait mettre une nouvelle loi sur les médias électroniques en consultation au printemps 2018.

(nxp/ats)

Les commentaires les plus populaires

  • Mylène le 14.09.2017 07:38 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    vaches à lait

    On arrive déjà tout juste à payer les loyers et les primes d'assurances maladies, voiture, ménage et RC. Alors oui, débarrassons-nous de billag. Ça sera de gagner.

  • HervéVS le 14.09.2017 08:06 Report dénoncer ce commentaire

    Ras le bol de Billag

    Allez Billag, oust on veut plus de toi. Que ceux qui écoutent la radio ou regardent la RTS paient! Je ne vois pas pourquoi je dois payer un truc que je ne consomme pas.

  • L'Intondable des Alpages le 14.09.2017 08:29 Report dénoncer ce commentaire

    au nom de la démocratie

    La seule chose que je demande, c'est que le peuple ait droit de voter ce dossier. Si le vote ne passe pas, ok, j'accepte. Mais si je ne peux même pas voter cette initiative, je considérerai que l'Etat se fiche de la démocratie et n'écoute que ses intérêts.

Les derniers commentaires

  • Bastien le 15.09.2017 18:33 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ce que je constate...

    ... c'est que je paie 450.- CHF par an pour regarder une fois un match de foot et pour me casser les oreilles avec radio chablais... Ca fait cher pour pas grand chose.

  • STOP-13 le 14.09.2017 18:29 Report dénoncer ce commentaire

    NON A BILLAG

    Je voterai pour la suppression de Billag à cause : 1. qualité des émissions insuffisantes. 2. incompétence de certains journalistes. 3. orientation à gauche systématique des journalistes. Si le PS veulent maintenir la RTS comme moyen de diffusion de sa propagande il lui appartient de la financer et non l'ensemble des suisses. Quant à ceux qui crient au loup si Billag venait à disparaître concernant les informations locales, cela est un faux problème à l'heure des journaux gratuits, des réseaux et d'internet. Si la RTS veut continuer à vivre il lui appartient de trouver elle-même ses ressources

  • Tigre27 le 14.09.2017 17:34 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pour:

    -L'interdiction du prélèvement de la redevance par un organisme privé -le création d'une chaîne dédiée au sport avec abonnement ( ce n'est pas à une majorité de participer aux coûts exorbitants des droits de diffusion qu'une minorité regarde) -la fin des subventions des chaînes privées que peut d'entre nous regarde. -un contrôle des dépenses de la SSR et la suppression des doublons/triplons. Après tout on paye , on a un droit de regard sur les dépenses. Avec ça on pourrait avoir une redevance qui soit raisonnable.

  • roberto le 14.09.2017 16:37 Report dénoncer ce commentaire

    trop pauvres !!!

    Billag doit exister mais a 200.- et c'est suffisant vue ce que l'on nous propose. Votre TJ est une catastrophe, trois nouvelles et le reste c'est de l'art et du sport (foot). Le TJ est vraiment pauvre et nous devons regarder les nouvelle a la TV Italienne ou Allemande .

  • Vv le 14.09.2017 16:07 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    À l'envers

    Il faut faire payer les entreprises et pas les privés, on voit encore la politique pro entreprises de l'udc...

    • Hütten le 14.09.2017 18:05 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Vv

      C'est surtout le PS qui veut maintenir Billag...

    • Jean peuplu le 14.09.2017 20:56 Report dénoncer ce commentaire

      C'est toi qui est à l'envers Einstein

      Toi t'as rien compris mon pauvre...inquiétant