Mafia calabraise

24 novembre 2012 11:12; Act: 24.11.2012 18:04 Print

Saisies de biens en Italie, mais aussi en Suisse

Un coup de filet contre des membres d'un clan de la Ndrangheta, la mafia calabraise, a été lancé samedi. La police italienne a saisi pour 2,5 millions d'euros de biens en Italie mais aussi au Tessin.

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Les parquets de Milan et Reggio Calabre ont annoncé samedi l'exécution de 23 mandats d'arrêt contre des membres d'un clan de la Ndrangheta, la mafia calabraise. Ils ont aussi évoqué la saisie de biens pour plus de 10 millions d'euros (environ 12 millions de francs) entre la Calabre, la Lombardie et la région de Lugano.

Les policiers et carabiniers coordonnés par la direction anti- mafia de Reggio Calabre et le parquet de Palmi en collaboration avec la direction anti-mafia de Milan et le Ministère public de la Confédération (MPC), ont délivré des notifications d'arrestation à 23 mafieux, pour la plupart déjà emprisonnés.

Ils sont accusés d'association mafieuse, détention d'armes et attaques à main armée. Les biens saisis sont des immeubles et entreprises, dont une salle de jeux près de Milan, que s'étaient appropriés les membres du clan Bellocco, basé dans la ville portuaire de Gioia Tauro (Calabre). Selon la police financière de Milan, les saisies représentent 10 millions d'euros seulement en Lombardie.

«L'enquête a mis en lumière des intérêts financiers de la famille Bellocco en Lombardie et son soutien fourni à des délinquants en cavale», a indiqué à la presse le chef du parquet de Milan, Edmondo Bruti Liberati. Le magistrat a souligné en particulier «l'infiltration de cette famille mafieuse dans une entreprise de call-center (centre d'appels) ayant des sièges à Cernusco sul Naviglio (près de Milan, ndlr) et Rende», en Calabre.

Tessin et Grison

Selon un communiqué du MPC, l'enquête menée sur le versant helvétique en collaboration avec les autorités italiennes a débuté «en septembre 2009 sur le soupçon d'organisation criminelle, blanchiment d'argent sale contre des ressortissants italiens en partie résidents à Lugano». Ce samedi, «des perquisitions ont été menées dans une société fiduciaire et une résidence privée dans les cantons du Tessin et des Grisons» et deux biens immobiliers ont été saisis au Tessin.

Le procureur de Reggio Calabre Ottavio Sferlazza présent à Milan à l'annonce de l'opération, a estimé que la «Ndrangheta est désormais un danger pour la démocratie». Il a dénoncé sa «capacité à phagocyter les entreprises, à polluer les règles du marché».

Tout a commencé quand les propriétaires de la florissante entreprise de centre d'appels «Blue Call» (13 millions d'euros de chiffre d'affaires et 1000 salariés fin 2010) ont accepté l'entrée dans le capital d'un intermédiaire du puissant clan Bellocco en échange du remboursement de créances insolvables. Selon le juge d'instruction, ils pensaient ainsi s'assurer la protection de ce clan de la Ndrangheta vis-à-vis d'autres organisations.

Une fois entrés, les mafieux se font de plus en plus envahissants, rachetant sous la menace les parts des autres actionnaires. Ils finiront par utiliser «Blue Call» pour s'approvisionner en liquidités et blanchir l'argent sale issu de leurs divers trafics (drogue, armes, extorsions), selon le journal «Repubblica».

«Roué de coups»

Le quotidien «Il Fatto Quotidiano» raconte samedi en détails la prise de contrôle effective de «Blue Call» par l'homme fort du clan Bellocco en Lombardie, Carlo Antonio Longo, un entrepreneur de construction qui possède une immense villa en Suisse.

Le quotidien, qui s'appuie sur des compte-rendus d'écoutes téléphoniques policières, relate comment le propriétaire de «Blue Call» est convoqué en septembre 2011 par Longo et d'autres actionnaires au siège de la firme à Cernusco sul Naviglio, près de Milan.

«Dans la petite salle il y a une dizaine de personnes, toutes du clan Belloco, embauchées (chez Blue Call, NDLR) sans la moindre référence», affirme «Il Fatto». Ce jour-là, l'entrepreneur est roué de coups et menacé de mort pour le «convaincre» de céder toutes ses parts à une société créée spécialement par la Ndrangheta, ce qu'il fait contre la promesse jamais tenue d'être payé plus tard, toujours selon «Il Fatto».

(ats)

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