Scandale CarPostal

09 février 2018 09:39; Act: 10.02.2018 08:03 Print

Susanne Ruoff savait dès son entrée en fonction

Des documents internes révèlent que la directrice de La Poste a été informée des problèmes de CarPostal Suisse, peu après avoir intégré l'entreprise en 2012.

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La directrice de La Poste Susanne Ruoff aura beaucoup à faire pour défendre son siège. (Photo: Keystone)

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Les problèmes de CarPostal Suisse étaient connus de la directrice de La Poste Susanne Ruoff, peu après son entrée en fonction, ajoute le Blick dans son édition du 9 février 2018. La direction dans son ensemble était également au courant, souligne le tabloïd zurichois sur la base de documents internes.

Les instances dirigeantes du géant jaune se sont réunies du 1er au 3 mai 2013, afin de parler entre autres des bénéfices de CarPostal. Daniel Landolf, le directeur de CarPostal licencié mardi, y a expliqué «comment publier les gains non pas dans le trafic public régional mais dans les activités annexes». Il voulait «ainsi garder les bénéfices exigés par La Poste». Selon des sources proches du dossier, un seuil de 3% avait été fixé à la filiale.

Pascal Koradi se défend

Lors de cette réunion, un des intervenants que le Blick pense pouvoir identifier comme Pascal Koradi, le directeur à l'époque des finances de La Poste, soutient l'idée de transférer en partie les excédents à la maison-mère, «afin qu'ils ne soient pas distribués (à la Confédération et aux cantons, ndlr)». C'est finalement le système actuel qui a été retenu et qui est entré en vigueur en 2016.

Susanne Ruoff, qui était aux commandes depuis septembre 2012, était présente à cette réunion et elle savait à quel point ce sujet était sensible, puisque Peter Füglistaler, le directeur de l'Office fédéral des Transports (OFT), lui avait rappelé quelques mois plus tôt que le trafic public régional ne pouvait inscrire de bénéfices.

Interrogé par l'Aargauer Zeitung sur le scandale CarPostal, Pascal Koradi, actuellement directeur général de l'Aargauer Kantonal Bank (AKB), a nié toute implication. «J'étais bien entendu au courant du conflit d'objectifs mais je ne savais rien des manoeuvres comptables évoquées.» Une ligne de défense semblable à celle de Susanne Ruoff.

Peter Hasler n'était pas au courant

La directrice de La Poste a toutefois été défendue par Peter Hasler, le président du conseil d'administration en fonction au moment des faits. «Si ni les révisions interne ou externe et encore moins la Confédération n'ont trouvé à y redire, je ne sais pas qui aurait pu réagir.»

Peter Hasler affirme également n'avoir rien su des pratiques comptables de CarPostal Suisse à l'époque et ne se rappelle pas non plus les documents présentés par le Blick, tout en reconnaissant qu'il s'agit d'originaux, a-t-il indiqué dans la Tagblatt saint-galloise.

Comme l'a rappelé le directeur de l'OFT Peter Füglistaler, la comptabilité de l'époque était «selon la plus grande vraisemblance contraire à la loi». Aucune plainte n'a été déposée pour le moment mais la responsabilité pénale est encore ouverte. Une première rencontre avec le Ministère public de la Confédération est prévue ces prochains jours.

(smk/nxp)