Zurich

13 juin 2018 19:22; Act: 13.06.2018 20:00 Print

Trois côtes cassées après le coup de pied d'un agent

Pour la 4e fois cette année, un policier a été jugé par un tribunal zurichois. Dans tous les cas, une personne a subi des blessures et à chaque fois, les juges ont pris la même décision.

storybild

Photo d'illustration (Photo: iStock)

Une faute?

Le Tribunal de district de Zurich s'est penché en début de semaine sur une affaire remontant à septembre 2015. Vers 5 h 30 du matin, quatre agents d'une unité spéciale de la police cantonale zurichoise s'étaient introduits dans un appartement de Zurich-Oerlikon. Ils étaient à la recherche d'un homme soupçonné d'avoir commis plusieurs délits liés au trafic de drogue.

Les agents, armés et cagoulés, avaient alors fait irruption dans la chambre à coucher dans laquelle se trouvait un homme et une femme. L'individu s'était immédiatement couché sur le lit et s'était laissé appréhender sans opposer de résistance. Selon le «Tages-Anzeiger», les accusations dressées à son encontre n'avaient d'ailleurs pas pu être confirmées.

Version «corrigée» par la suite

Mais l'audience qui s'est tenue au Tribunal de district ne s'est pas portée sur l'homme, mais sur la femme qui l'accompagnait au moment des faits. Selon l'accusé, un policier de 29 ans qui était intervenu ce matin-là, cette dernière n'avait pas suivi les instructions des agents et ne s'était pas couchée au sol. Raison pour laquelle il lui avait adressé un coup de pied en direction des hanches. Conséquence: trois côtes cassées.

La victime, elle, livre une autre version des faits. Un mois après l'incident, elle avait expliqué avoir été poussée au sol par trois agents. Une fois à terre, le policier accusé lui aurait donné un coup de pied dans le haut du corps. Elle avait néanmoins «corrigé» sa version quelques temps plus tard en expliquant s'être elle-même mise à terre.

Acquittés à chaque fois

Mais la justice a fini par acquitter le policier. La Cour a en effet estimé que la femme ne s'était pas pliée aux demandes des agents. Il y avait donc une raison valable pouvant justifier l'acte du prévenu. Les juges ont également indiqué que les déclarations de la femme ne sont pas crédibles, notamment parce que cette dernière a changé de version au courant de l'enquête.

Des recherches du «Tages Anzeiger» montrent que cette année, pas moins de quatre policiers ont comparu devant la justice zurichoise. A chaque fois, ils étaient accusés d'abus de fonction, de lésion corporelle ou de privation de liberté. Si dans chacun des cas une personne a été blessée, les agents, eux, ont toujours été acquittés.

(ofu)