Bâle

11 septembre 2014 11:54; Act: 11.09.2014 16:09 Print

Un élu veut faire tester le lait maternel

Stephan Luethi, membre du Grand conseil bâlois, voudrait protéger les nourrissons d'éventuelles contaminations au lindane - un insecticide toxique - en testant le lait maternel.

Une faute?

A l'avenir, le gouvernement devrait faire tester systématiquement le lait maternel des Bâloises. C'est ce que demande l'élu socialiste du Grand conseil, Stehpan Luethi. Il craint que des résidus de lindane, un insecticide cancérigène, aient contaminé divers aliments locaux et, par conséquence, soient passés dans le lait maternel. Le produit sur la liste des substances interdites par la convention de Stockholm.

Novartis avait en effet entrepris des travaux décontamination de la station de traitement des eaux industrielles usées de Huningue, commune française de l'agglomération de Bâle. Le groupe pharmaceutique bâlois avait fini par interrompre, en 2013, le chantier de cette ancienne station d'épuration, construite sur un dépôt de déchets de lindane. La raison? Des mesures de pollution de l'air avaient révélé que la dispersion de poussières chargées en lindane ne pouvait pas être maîtrisée.

Cette interruption de chantier ne semble pourtant pas avoir rassuré Stephan Luethi. Il vient de déposer une interpellation auprès du Conseil exécutif (Conseil d'Etat) pour savoir si celui-ci serait prêt à faire tester systématiquement le lait maternel des Bâloises. Aucune mère ne devrait exposer, à son insu, son enfant à des risques pareils, argumente-t-il. Reste que, pour l'instant, aucune étude ne s'est encore penchée sur les effets de cet insecticide sur les enfants, rappelle la «Basler Zeitung». Malgré cela, Martin Forter, géographe et expert en sites contaminés, estime qu'il faut agir au plus vite: «Il faut faire quelque chose avant que le premiers problèmes ne surgissent!»

Travaux d'assainissement dès 2015

De son côté, Alex Odermatt, toxicologue à l'Université de Bâle, relativise: «Il faut de grosses concentrations de lindane pour observer des effets concrets. Des substances pareilles sont surtout nocives lorsqu'elles entrent en contact direct avec les personnes. Les nourrissons dont les mères ont inhalé de la poussière de lindane ont peu de risques de subir des séquelles.» Selon lui, il faudrait d'abord savoir à partir de quelles quantités l'insecticide devient nocif pour les petits. Il note également qu'un test en laboratoire coûte près de 100 francs.

Cet avis est partagé par Matthias Nabholz, directeur du Service bâlois de l'environnement et de l'énergie. «Tout au long des travaux, nous nous sommes assurés que les concentrations ne dépassent pas les valeurs limites. En ce qui concerne le lindane, nous n'avons pas de souci à nous faire. D'autant que le site sera totalement assaini dès 2015.»

La «Basler Zeitung» souligne également que plusieurs études ont démontré que les bébés ayant été allaités sont en meilleure santé que ceux qui ont été alimentés avec une nourriture industrielle. Et cela, même si le lait maternel contient davantage de substances nocives que le lait en poudre.

(ofu)