Procès en Argovie

18 novembre 2015 20:19; Act: 18.11.2015 20:19 Print

Un agresseur assure: «Mon sperme est sacré»

Un gourou auto-proclamé comparaît depuis mardi devant la justice argovienne pour avoir abusé de cinq femmes.

Une faute?

Un sexagénaire, dont le procès s'est ouvert mardi à Zurzach (AG), est arrivé au tribunal de district avec les mains menottées et le visage caché par sa veste. Il est accusé d'avoir agressé sexuellement cinq femmes aujourd'hui âgées entre 33 et 44 ans, rapporte mercredi «Blick».

Ce n'est pas la première fois que l'homme de 63 ans comparaît devant la justice. En 2004, époque durant laquelle il gérait une école de yoga à Soleure, le gourou auto-proclamé avait déjà abusé de deux de ses adeptes. Il avait écopé de six mois de prison en 2009 pour ces faits. La justice soleuroise lui avait accordé le droit de purger sa peine en liberté, à condition de porter un bracelet électronique. Il s'est avéré en 2012 que l'accusé, qui s'était entre-temps installé à Endingen (AG), a abusé de plusieurs femmes pendant ces six mois. Depuis, deux plaintes pour agressions sexuelles ont été déposées contre lui, la première en 2012, la seconde en 2015.

Des fellations «particulièrement atroces»

Le procureur du Tribunal de district de Zurzach a résumé mardi l'affaire de la manière suivante: «Nous parlons ici de plusieurs centaines d'agressions. Les victimes ont été dénigrées au plus haut point.» L'accusé avait une tactique bien rôdée pour piéger ses victimes: il sélectionnait toujours les femmes les plus instables émotionnellement parmi celles qui participaient à son groupe de méditation. Il leur faisait ensuite prendre confiance en elles en affirmant qu'elles étaient des «élues». L'homme les forçait ensuite à se donner à lui si elles ne voulaient pas finir en enfer.

Les cinq victimes, fortement traumatisées, n'ont pas voulu faire face mardi à leur agresseur. Elles ont néanmoins toutes livrées une version des faits cohérente et laissant entrevoir les perversions que le prévenu leur a fait subir. Elles ont notamment expliqué que l'accusé aimait tirer fortement sur leurs parties intimes et leurs poitrines. Il les aurait également forcées à lui faire des fellations, qualifiées de «particulièrement atroces» par le procureur. Selon les femmes abusées, l'accusé avait l'habitude de dire: «Mon sperme est sacré.»

Date du verdict pas encore connue

De son côté, le sexagénaire a tenté de se défendre en affirmant qu'il était victime d'une conspiration. Son avocat a demandé l'acquittement. Le procureur, lui, a requis une peine de prison de 12 ans assortie d'un internement en raison du haut risque de récidive. Le verdict sera rendu ultérieurement.

(ofu)