Migration

24 juin 2018 10:20; Act: 24.06.2018 11:10 Print

Que vont se dire les dirigeants européens?

Un mini-sommet consacré à la question migratoire est organisé dimanche à Bruxelles sur fond de vives tensions entre les pays de l'Union européenne.

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Le navire Verseau débarque au port de Valence avec des migrants, en Espagne, le dimanche 17 juin 2018. (Photo: Alberto Saiz/AP/SIPA)

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Organisée à la dernière minute par la Commission européenne, cette rencontre réunira dans l'après-midi une quinzaine de pays, dont la France, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, l'Autriche et Malte. Son but est de rechercher des «solutions européennes» aux flux de migrants qui continuent de traverser la Méditerranée.

«J'espère que nous pourrons dans les prochains jours acter d'une décision européenne commune qui est la seule qui permettra de répondre efficacement et humainement au drame que nous sommes en train de vivre», a déclaré samedi Emmanuel Macron à l'issue d'un entretien avec le président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, à l'Elysée.


Europe plus divisée que jamais

La tâche s'annonce ardue tant les dernières déclarations des uns et des autres ont dressé le tableau d'une Europe plus divisée que jamais face à la question migratoire. Cette dernière n'a jamais été résolue en dépit de multiples initiatives et de nombreux sommets depuis trois ans.

Après la crise déclenchée par le refus du nouveau gouvernement italien de laisser accoster le navire humanitaire Aquarius, le ton est une nouvelle fois monté d'un cran cette semaine entre les partisans d'une ligne dure et unilatérale et les défenseurs d'une «approche européenne et coordonnée».

Opposés à la mise en place de «quotas» contraignants pour la répartition des demandeurs d'asile entre Etats membres, les quatre pays du groupe dit de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie) ont annoncé qu'ils ne participeraient pas à la réunion de dimanche. Ils la jugent «inacceptable».

Marge de manoeuvre étroite

Dans ce contexte, la marge de manoeuvre s'annonce réduite et les chances de parvenir à un accord lors du conseil européen des 28 et 29 juin minces. Sous pression de l'aile droite de sa majorité, qui réclame un durcissement de sa politique migratoire, la chancelière allemande Angela Merkel a elle-même acté vendredi qu'il n'y aurait pas «de solution au niveau des 28 Etats membres» fin juin.

La clef pourrait davantage se trouver dans «des accords bilatéraux, trilatéraux et multilatéraux», a-t-elle ajouté. Une ligne épousée samedi par Emmanuel Macron qui a évoqué des «solutions intergouvernementales ou bilatérales».

A couteaux tirés sur la question de la répartition des réfugiés et de la réforme d'un système d'asile jugé obsolète, les 28 pourraient toutefois s'accorder sur la nécessité de renforcer la coopération et l'aide aux pays d'origine et de transit et d'accroître les moyens de l'agence Frontex afin de protéger davantage «la frontière extérieure européenne».

(ats)