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Secret bancaire, xénophobie
15 février 2010 11:17; Act: 15.02.2010 16:42 Print
Un élu anglais dégaine: «C’est la fin de la Suisse»
Un pamphlet publié dans le très sérieux magazine américain Newsweek dresse un portrait bien sombre de la Suisse du XXIè siècle. Un regard extérieur qui écorne durement les valeurs et les institutions helvétiques.
L'article est paru dans l'édition de Newsweek datée du 15 février 2010. (Photo: 20 minutes online)
«La Suisse d’aujourd’hui n’est qu’un petit pays européen tourné sur lui-même.» Cette phrase vient de la plume de Denis MacShane, parlementaire travailliste anglais et ancien ministre britannique pour l’Europe, qui a vécu en Suisse avant de se lancer en politique, précise l’hebdomadaire Newsweek qui publie un article écrit de sa main dans son édition du jour.
Le titre du texte, «The end of Switzerland» (La fin de la Suisse), ainsi que son sous-titre – «comment la crise économique et la montée de la xénophobie brisent le grand mythe helvétique et défont ce modèle unique que fut la Suisse» – plantent de suite le décors et laisse peu de place au doute quant aux intentions de son auteur.
Denis MacShane commence par passer en revue les qualités de la Suisse du siècle dernier. Il rappelle son aptitude à réunir des citoyens de langues et de cultures différentes en un tout homogène, et sa capacité à faire cohabiter une démocratie directe avec une structure économique libérale. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que le World Economic Forum tient son assemblée générale annuelle à Davos, concède l’auteur.
Des valeurs fondamentales qui s’effritent
Mais le passage en revue des qualités suisses ne fait pas long feu et laisse rapidement sa place à un catalogue critique des dysfonctionnements du pays, qui semble avoir manqué le virage du troisième millénaire.
Le parlementaire anglais date ainsi le début de l’ère sombre de la Suisse au milieu des années 90, au moment où l’affaire des fonds juifs ébranle les institutions helvétiques. L’auteur y voit là une brèche ouverte dans le secret bancaire, et l’effritement d’une pierre angulaire de la nation.
Mais ce n’est pas tout. «Les systèmes d’intégration et la tolérance exemplaires de la Suisse sont également en train de s’évaporer», poursuit ainsi Denis MacShane. Les Romands ne prennent plus vraiment la peine d’apprendre l’allemand, tandis que les Suisses alémiques ont arrêté d’apprendre le français, assure-t-il.
De même, la qualité d’accueil des étrangers s’est largement détériorée, constate l’auteur, qui prend pour preuve la votation sur l’interdiction de construire des minarets de novembre dernier.
L’effet minaret
S’il concède que la Suisse a accueilli davantage de réfugiés de l’ex-Yougoslavie que toute autre nation européenne, il rappelle également – comme le polémiste français Yann Moix avant lui – que ce sont les helvètes qui ont soufflé à l’Allemagne nazie l’idée de marquer d’un J majuscule les passeports de ressortissants juifs avant la Seconde guerre mondiale.
Et Denis MacShane ne s’arrête pas là. Il dénonce une initiative de l’UDC zürichoise qui veut contingenter le nombre de professeur de nationalité allemande au sein des universités du canton. Il assure en outre qu’en Suisse alémanique, la plupart des émissions de télévision sont désormais diffusées dans un dialecte impénétrable aux autres germanophones.
Fort de ces constats sur le fonctionnement intérieur du pays, l’auteur élargit son champs d’étude à la scène internationale. Et là encore, il n’y voit qu’une série de ratés de la part des autorités suisses, qui ne pèsent plus bien lourd sur l’échiquier politique mondial. Denis MacShane critique l’intervention de Berne sur les dossiers iranien et nord-coréen, et constate que le passeport suisse «ne vaut plus grand-chose», comme le montre la détention des deux otages helvétiques en Libye depuis l’été 2008.
«La Suisse a plus à offrir que des coucous, mais…»
Pour finir, s'il constate tout de même que la Suisse résiste mieux à la crise économique que la plupart de ses voisins, le parlementaire anglais estime qu’en ayant un pieds dedans et un pieds en dehors de l’Union européenne, la neutralité à la sauce helvétique n’a plus le pouvoir d’attraction qu’elle pouvait avoir pendant la Guerre froide dans un monde désormais globalisé.
Denis MacShane conseille alors aux autorités suisses d’amorcer une réforme à même de raccrocher le train du XXIè siècle, mais doute de la capacité des leaders politiques et intellectuels du pays à réaliser ces changements.
«La Suisse a certainement davantage à offrir que des coucous et des pistes de ski. Mais il devient de plus en plus difficile de déceler ses autres qualités», conclut-il.
(tpi)
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Tous les 175 Commentaires
























le temps de réfléchir
Nous avons tous nos raisons et nos torts. Anglais-Suisses et autres. Mais au moins sur un point il faut que nous soyons D'ACCORD!! il est grand temps que nos élus soient à la hauteur de ce nouveau monde compliqué et difficile. Finis les irresponsables, incapables, grands sourirs et rien de concrêt. Même les enfants doivent s'ouvrir aux difficultés de l'avenir...
Ne retenons pas
ceux qui nous critiquent, qui nous trouvent ringards et ridicules. Il y a de la place en Lybie, Afghanistan, UE etc. pour eux. Des pays de rêve! Bon vent!
....
bravo pour ton commentaire... donc les gens d autre pays qui critique la suisse devrait aller en lybie.. etc... bizzare
suite
donc je sais bien qu'en suisse on aime pas les critiques sur notre paradis montagneux, enneigé, mal gouverné et froid. Mais même si les critiques sont gratuites et stupides, il faudrait aussi que les Suisses commencent à regarder la Suisse et ses problemes. Même si faire l'autruche est plus facile.
lol
oui, la suisse ne connaît que la politique de l'autruche. en gros, elle se prostitue et est très loin d'être aussi indépendante qu'elle veut le faire croire