Suisse/Allemagne

09 février 2018 15:27; Act: 10.02.2018 07:58 Print

«Je veux seulement tenir mon bébé dans les bras»

Une Allemande est venue accoucher en Suisse parce que les autorités de son pays voulaient lui retirer son bébé après la naissance. Mais les choses ne se sont pas déroulées comme prévu.

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Une faute?

«Tout ce que je veux, c'est tenir mon bébé dans les bras», raconte Simone à «20 Minuten». L'Allemande de 20 ans a mis au monde un petit garçon, vendredi de la semaine dernière, à l'Hôpital de l'Ile à Berne. Elle assure qu'elle n'a toujours pas pu voir son fils. «Ils m'ont donné une photo, mais je ne sais pas si c'est bien mon bébé. Il pourrait s'agir de n'importe quel enfant.»

Des recherches du quotidien alémanique montrent qu'un tribunal allemand a décidé en janvier que la jeune femme, qui souffre du syndrome de Jacobsen avec un léger retard mental, ne peut pas s'occuper seule de son enfant. Simone, elle, n'est pas de cet avis. Raison pour laquelle elle s'est rendue en Suisse. En accouchant à Berne, elle espérait pouvoir garder son enfant. «Je pensais que les autorités suisses allaient évaluer mon cas dans les moindres détails pour que je puisse garder mon bébé.» Mais comme il s'est avéré, les autorités helvétiques avaient déjà été informées par les autorités allemandes de son intention d'accoucher dans notre pays.

La convention de La Haye sur l'enlèvement international d'enfants oblige en effet la Suisse de respecter les décisions prises par le pays d'origine sans effectuer de propres évaluations. Une réglementation que l'autorité de protection de l'enfant et de l'adulte du canton de Berne a appliqué à la lettre.

«Que des mensonges!»

Au total, cinq hommes pourraient être le père du garçon. Pendant sa grossesse, Simone était par ailleurs sans domicile fixe par intermittence. La jeune femme a passé des parties de sa jeunesse dans divers foyers puisque son père alcoolique n'était pas en mesure de s'occuper correctement d'elle après la mort de sa mère, il y a onze ans.

«Ce ne sont que de mensonges! Je ne suis pas retardée mentalement et mon père n'est pas alcoolique», tonne l'Allemande, qui vourdrait élever son enfant au domicile de son papa, en Bavière. Reste que les juges allemands sont persuadés que ce domicile, «négligé», ne convient pas pour élever un nourrisson. En janvier, des employés de la protection de l'enfant s'étaient rendus sur place et avaient constaté que rien n'avait été installé ou aménagé pour le bébé. Cela alors que Simone allait bientôt accoucher.

Soutenue par des associations

Les autorités allemandes avaient alors proposé à la jeune femme d'emménager dans un foyer mère-enfant une fois son garçon mis au monde. A en croire la décision du tribunal allemand, Simone avait accepté cette solution dans un premier temps, mais avait finalement refusé cette option. Craignant pour le bien de l'enfant, la Cour avait donc décidé de retirer l'enfant à la jeune femme.

A la question de savoir pourquoi on lui a refusé de simplement voir son bébé, les autorités allemandes tout comme l'autorité de protection de l'enfant bernois se sont contentées de dire qu'une procédure était en cours et qu'elles ne pouvaient pas s'exprimer sur les faits. Personne n'a également souhaité préciser où se trouve actuellement l'enfant.

Simone est actuellement soutenue par deux associations, l'une basée en Allemagne et l'autre en Suisse. Les deux structures défendent les droits des familles auxquelles ont a retiré la garde d'un enfant. Dans ce cas précis, toutes les décisions prises par les autorités des deux pays ont été contestées. L'avocat helvétique de Simone estime que l'interdiction de contact avec son bébé constituait une grave violation des droits de l'homme.

(ct/ofu)

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Les commentaires les plus populaires

  • Jean Suiconvaincu le 09.02.2018 15:50 Report dénoncer ce commentaire

    Et si.....

    Après, si dans quelques temps on découvre que l'enfant est dans un état de santé déplorable ou pire, on demandera pourquoi les autorités n'ont pas réagi plus tôt. Si un tribunal a pris une décision aussi grave c'est qu'il devait y avoir une bonne raison car les tribunaux sont tout, sauf courageuses. Courage ! jeune fille, laisse-toi aider et tu passeras de merveilleux moments avec ton enfant.

  • Patrick le 09.02.2018 15:37 Report dénoncer ce commentaire

    Admin

    C'est un drame humain terrible qui va faire souffrir la mère et l'enfant. Si l'administration prend ce genre de décision tu es mal.. Moi même j'ai été "donné" à ma mère après divorce parce que c'est la mère qui doit garder.. Mais en fait ma mère était dépressive et alcoolique et j'ai vécu un enfer.. seul faute de mon père, il avait une maitresse... Il faut apprendre à mieux évaluer les situations...

  • c'est terrible le 09.02.2018 16:01 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    maman

    Pourquoi ne pas la soutenir et l'aider à élever son enfant ? C'est horrible que d'arracher un bébé à une maman qui l'a senti grandir dans son ventre pendant 9 mois et qui è réjouissait e pouvoir enfin le tenir dans ses bras !

Les derniers commentaires

  • Émi le 10.02.2018 22:56 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Honte à la Suisse

    Lidée cest faire comprendre que le respect est synonyme de coercition. Létat ne sait faire autrement. Quel honte ! Apprécier la capacité de parent ce cette mère en laccompagnant fur et à mesure aurai été le plus juste et proportionnelle. Puis lui proposer de mesures visant à faire une suppléance parentale selon son handicap. Le St. État tout puissant, issue de frustrés de tout genre !! Que de la criminalité légale !

  • he le 10.02.2018 21:51 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    et oui

    qu'elle rentre en allemagne et accepte d'allet dans un foyer avec son bébé .c'est la meilleure solution pour tous les deux

  • Jean Risdeja le 10.02.2018 21:49 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    triste histoire...

    mais surtout pas assez de données pour pouvoir donner un avis qui soit juste, même si par logique, un enfant est sensé vivre avec sa maman pour son bien être (surtout pour ses premières années).

  • Encore UneInjustice le 10.02.2018 20:18 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    SPJ_fraude

    Une chose cest protéger lenfant, une autre cest de le priver COMPLETEMENT de sa mère et surtout juste après sa naissance! Ces services de « protection » ne savent pas faire la part des choses... ce sont des fonctionnaires qui ne cherchent quà garder leur poste (et leur salaire) et à se proteger de toute « éventualité ». Du coup, ils ne protègent personne, sauf eux-mêmes.

  • enfant Placé le 10.02.2018 19:40 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Crimes institutionnels.

    Pauvre maman! Se rendre en Suisse, pays le plus criminel dEurope qui a des milliers de victimes sur les bras en crimes institutionnels, cherchant à glisser le tout sous le tapis en jetant quelques piécettes pour les amener à se taire... Pays de non droit où tout est formaté pour les nantis et les despotes de tous poils à qui lin déroule le tapis rouge des banques. Ma pauvre enfant, fallait aller en Italie ou lesprit de famille prédomine, mais à Berne, de surcroît, avec la grande bourgeoise Sommaruga qui sans gêne aucune balaie avec son petit doigt une motion du National, trait aux instances