Suisse

14 juin 2018 07:21; Act: 14.06.2018 07:21 Print

Une pasteure défie le plus haut dignitaire protestant

La zurichoise Rita Famos convoite le siège de Gottfried Locher, président de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS).

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Le théologien bernois Gottfried Locher, 52 ans, préside depuis huit ans la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS).

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L'Eglise réformée de Suisse va au-devant de changements importants. Le siège de Gottfried Locher, de longue date président de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS), pourrait être conquis par la pasteure zurichoise Rita Famos.

Les candidats à la présidence de la FEPS sont en de nombreux points opposés, les médias parlent même de «duel historique». Se feront face dimanche le théologien bernois Gottfried Locher, 52 ans, et la pasteure zurichoise Rita Famos, d'un an sa cadette. Cette dernière était déjà membre du conseil de la FEPS de 2011 à 2014.

Les conceptions de l'Eglise protestante chez les deux candidats divergent fortement. Gottfried Locher s'appuie sur l'évangile, rappelle-t-il mercredi dans une interview aux journaux Tagesanzeiger, Bundet Berner Zeitung. «Le principe-phare est la foi chrétienne, à laquelle sont liées des choses qui ne sont pas concevables par la raison, comme par exemple la résurrection.»

Deux visions de la femme

On prête souvent au théologien des traits patriarcaux. Sa représentation de la femme a d'ailleurs fait l'objet de nombreuses critiques de la part des pasteures. Il y a quelques années, le président de la FEPS avait lâché dans l'émission «Wort zum Sonntag» que «les hommes assouvis sont des hommes plus paisibles».

De son côté, Rita Famos semble avoir une toute autre vision de la femme dans l'Eglise réformée. Contactée par KEYSTONE-ATS, elle critique certaines déclarations de son rival, notamment sur le travail «indispensable à la société» des prostituées, qui apaisent les hommes. Pour Rita Famos, les femmes sont aussi tout autant aptes et dignes d'exercer la fonction de pasteur que les hommes.

Une candidature tardive

Pour Koni Bruderer, président de la commission de nomination des délégués de la FEPS, le fait que la candidature de Rita Famos n'a été remise que le 31 mai est étonnant. «Cela pourrait être un handicap pour elle», bien qu'elle soit portée par un groupe important de fe8mmes déléguées des cantons des Grisons, de Zurich, d'Argovie et de Bâle-Campagne. Vingt des 70 délégués sont des femmes.

La principale intéressée relève que trois semaines suffisent pour donner une image d'elle aux délégués. Sa candidature remplit les critères de validité, car elle provient d'une Eglise membre et s'est bel et bien annoncée avant le jour du vote, assure pour sa part Myriam Karlström, conseillère synodale et déléguée vaudoise. Elle représente même une candidate crédible et compétente.

Scrutin plus qu'incertain

Une partie des délégations romandes ont rencontré la pasteure zurichoise pour en apprendre davantage sur son compte et sa vision de l'Eglise réformée. «Gottfried Locher et Rita Famos ont des profils très différents, ce qui n'est pas si surprenant du fait que sensibilités et idées varient d'un canton à l'autre», ajoute Myriam Karlström. Le scrutin est plus qu'incertain, selon la déléguée.

Il n'existe pas de limite pour le nombre de mandats à la présidence de la FEPS. Gottfried Locher pourrait donc, après huit ans à la tête de la fédération, se faire attribuer un troisième mandat de quatre ans. Aux deux candidats sous le feu des projecteurs s'ajoute un troisième plus «outsider», le pasteur Hans-Peter Geiser de Lucerne.

(nxp/ats)