Votations

22 avril 2016 07:00; Act: 22.04.2016 07:26 Print

Vers quatre «oui» et un «non» le 5 juin prochain

par Désirée Pomper/ofu - Selon un sondage Tamedia, éditeur de «20 minutes», quatre des cinq objets des prochaines votations, tels que les textes «Pour un financement équitable des transports» et «En faveur du service public», seraient acceptés.

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Les sympathisants de l'initiative «En faveur du service public» ont de quoi se réjouir. Si les votations du 5 juin prochain avaient eu lieu cette semaine, le texte aurait été accepté par 58%. Le camp des «non» se monterait à 27%, celui des indécis à 15%. Cette initiative veut contraindre les entreprises liées à la Confédération à faire primer un service abordable et de qualité pour le public sur la réalisation de bénéfices.

C'est ce qui ressort de la première vague du grand sondage en ligne de Tamedia.

La bataille n'est pas encore gagnée

Peter Salvisberg, un des initiants, est satisfait: «Les citoyens sont en colères. Ils sont confrontés à des trains trop remplis, sales et en retard. Comme les bureaux de poste se font de plus en plus rares, les gens doivent voyager jusqu'à une heure et demi pour pouvoir poster une lettre en recommandé.» Selon lui, les Suisses ont par ailleurs beaucoup de peine à comprendre pourquoi les CEO et conseillers d'administration d'entreprises fédérales gagnent davantage que nos politiciens. Peter Salvisberg reste néanmoins réaliste et rappelle que la bataille n'est pas encore gagnée.

Le conseiller national Kurt Fluri (SO/PLR), co-président du comité qui combat le texte, assure que les chiffres du sondage ne l'inquiètent pas. «Le nom de l'initiative sonne bien. Il est normal qu'à ce stade de la campagne les gens se laissent impressionner par cela.» Selon lui, son comité parviendra à convaincre les Suisses au cours des prochaines semaines que l'initiative nuit au service public, contrairement à ce qu'elle promet. «Si le texte est accepté, alors la Poste, les CFF ou Swisscom ne pourraient plus faire de bénéfices, ce qui aurait des répercussion sur l'innovation.»

«Le rail ne cesse d'être développé, au détriment de la route»

L'initiative dite «vache à lait»a elle aussi de bonnes chances d'être acceptée, selon le sondage Tamedia. Pas moins de 52% des participants soutiennent le texte, qui veut reverser l'entier du produit de l'impôt sur les huiles minérales à l'infrastructure routière. Si 37% le rejette, une personne sur dix est encore indécise.

Le conseiller national Walter Wobmann (SO/UDC), un des initiants, ne compte pas se reposer sur ses lauriers et rappelle que c'est maintenant que la campagne électorale débute réellement. Selon lui, il est urgent d'agir: «Le rail ne cesse d'être développé, au détriment de la route.»

L'élue Regula Rytz (Verts), elle, ne compte pas se laisser intimider par les résultats du sondage en ligne. Elle est persuadée que l'initiative dite «vache à lait» sera rejetée par le peuple le 5 juin prochain: «Nous ne disposons pas de plusieurs millions de francs comme c'est le cas pour le lobby des routes, mais nous pouvons compter sur le soutien des cantons, des milieux économiques, de l'association transports et environnement ainsi que de l'Union suisse des paysans.» Selon la conseillère nationale, le texte plomberait les caisses de l'Etat au détriment de l'éducation, de la recherche ou encore de l'agriculture.

Référendum de l'UDC déposé

La modification de la loi sur l'asile obtient elle aussi une majorité de voix favorables. Selon le sondage Tamedia, 43% des participants prévoiraient de glisser un «oui» dans l'urne le 5 juin prochain. Le camp des «non» se monte à 35%. Une personne sur cinq n'a pas encore d'avis sur la question. Un des buts de la modification proposée par la Confédération est d'accélérer de manière significative les procédures d'asile. L'UDC a déposé la semaine dernière son référendum contre la modification de la loi sur l'asile.

Pas moins de 44% des sondés soutiennent la modification de la loi fédérale sur la procréation médicalement assistée. 36% s'y opposent. Une personne sur cinq n'a pas encore pris de décision.



57% pour le revenu de base inconditionnel

Finalement, l'initiative «Pour un revenu de base inconditionnel» serait largement rejetée par les participants au sondage en ligne. Pas moins de 57% affirment rejeter le texte qui propose de verser un «salaire» à chacun, sans condition et en remplacement des assurances sociales actuelles. Le montant de ce revenu ne figure pas dans le texte de l’initiative, mais il est estimé à 2500 francs par mois.