Harcèlement de rue à Lausanne

20 décembre 2016 06:14; Act: 20.12.2016 07:20 Print

«Découvrir ces chiffres si élevés a été un choc»

par Frédéric Nejad Toulami - Un rapport sur le harcèlement de rue est dévoilé: une majorité de femmes en sont victimes.

Membre de l'Observatoire de la sécurité à Lausanne, Yolande Gerber réagit aux chiffres inquiétants du harcèlement de rue...
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Il n’existait pas d’étude sérieuse en Suisse sur le phénomène du harcèlement de la gent féminine dans les lieux publics. Mais, à la suite de l’adoption d’une interpellation de Léonore Porchet, présidente des Verts lausannois, à ce sujet en janvier 2016 (lire encadré), la Municipalité a commandité un rapport à l’Observatoire de la sécurité.

En collaboration avec l’institut de recherche Idiap, il a dévoilé hier les résultats de cette enquête, réalisée dans divers quartiers de Lausanne entre juin et juillet, surtout auprès de femmes: 72% d’entre elles, âgées de 16 à 25 ans, déclarent avoir été victimes de harcèlement de rue au moins une fois ces douze derniers mois. Et 50% l’ont été au moins une fois chaque mois! Quand? Principalement la nuit. Où? Surtout dans les parcs et les rues, ainsi que les bistrots et les clubs, mais aussi en gare. De quelle manière? Ça va des sifflements (88% des cas) à des infractions pénales comme des insultes (63%), des attouchements (31%) ou la poursuite (42%). Les auteurs sont des hommes, souvent en groupe.

En découvrant ces chiffres, Yolande Gerber, de l’Observatoire de la sécurité, confesse: «Ils sont si élevés que ça a été un choc, au point d’appréhender de les communiquer.» Elle rappelle que le dépôt de plainte est rare.

Des mesures à prendre

Municipal responsable de la Sécurité, Pierre-Antoine Hildbrand s’est dit frappé, hier, par ce rapport et promet que la Ville va prendre des mesures, mais qu'elle ne «pourra pas agir sur l'ensemble de ce phénomène».

«Un problème peut-être parfois sous-estimé par le passé»

Président du parti socialiste lausannois, Benoît Gaillard se demande s'il ne faudrait pas instaurer parfois le "testing" de plaintes auprès de la police, pour analyser la réaction des agents face à de telles dénonciations. A l'image du "testing" à l'entrée de boites de nuit, pour vérifier s'il n'y a pas de racisme dans la sélection des clients. "Les chiffres de ce rapport ne sont pas agréables à lire, mais ils prouvent qu'il existe bien un problème qui a peut-être parfois été sous-estimé par le passé. Il faut désormais agir", déclare Benoît Gaillard. Il faut, selon lui, sensibiliser à cette problématique tant le public que les policiers: "Les auteurs de tels actes ne doivent pas se croire dans l'impunité, mais nous constatons que la chaine pénale est surchargée. Donc il ne faut pas compter que sur la répression. Il s'agit de restaurer la norme sociale, de mobiliser par l'information les citoyens témoins de tels actes pour qu'ils osent agir dans de telles situations. Comme par exemple approcher la victime. Et ce afin que les auteurs de harcèlement n'osent plus agir ainsi en public à terme."

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Les commentaires les plus populaires

  • Thomas le 20.12.2016 06:38 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Et les écoles ?

    Et le harcèlement scolaire ? Quand est-ce qu'on en découvre l'ampleur ?

  • Un Citoyen le 20.12.2016 06:29 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Rien de nouveau

    Et pan on tape un ptit coup sur la police ! Pour information le comportement décrit tombe sous le coup de l'article 198 CP qui n'est puni que sur plainte ! Au final c'est un problème sociétal complexe qui doit remettre l'éducation au centre des débats ! ABE

  • Une femme le 20.12.2016 06:35 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Enfin!

    Enfin oui!... il était temps d'ouvrir les yeux. Bien sur on s'imagine bien qu'il ne faut pas compter sur la répression qui est vouée principalement aux automobilistes!

Les derniers commentaires

  • Plein les bottes le 21.12.2016 11:56 Report dénoncer ce commentaire

    Intégrer le harcèlement au CP, d'abord.

    Mesdames, lorsque vous saurez et aurez intégré que le harcèlement, sous quelle forme qu'il soit (sexiste, ethnique, politique, moral) n'est pas une infraction connue du Code Pénal suisse, nous comprendrons toutes que nous "brassons de l'air". Cette situation laisse toute impunité aux vecteurs de harcèlement, à leur comportement et leurs agissements, et ils le savent ! Porter plainte est un véritable calvaire, car les agents de police auront tôt fait de vous impressionner, de vous demander de véritables preuves et jouer sur la subjectivité de votre atteinte (pas de blessure apparentes).

  • Pierre Afeu le 20.12.2016 22:47 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Vols vs Paroles

    Des chiffres si élevés ? 10 plaintes à Lausanne sur une année ! Ça fait moins d'une femme sur 10'000 qui a été importunée dans cette ville. Alors qu'en une année, 5 ménages ont été victimes de cambriolages dans mon immeuble. La police ne sait vraiment pas où mettre les priorités.

  • Lison le 20.12.2016 16:24 Report dénoncer ce commentaire

    Euh...

    @Flocon : vous commencez par écrire que c'est vrai que les femmes se font harcelées dans la rue, que ça n'a rien avoir avec l'habillement, puis vous rejetez toute la faute sur elles ?!?

  • Lucas le 20.12.2016 16:22 Report dénoncer ce commentaire

    Aberrant

    Je suis un homme et je ne sais pas comment on été éduqués certains, mais il ne me viendrait jamais à l'esprit de faire un commentaire (négatif ou positif) sur le physique d'une personne que je ne connais absolument pas ! Non mais c'est quoi cette éducation de gros macho lourdingue ?!? Et depuis quand un sifflement (réservé aux chiens) est un compliment ?!?

  • SanchoPanza le 20.12.2016 15:58 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Egalité

    Tout le monde mérite le respect, homme ou femme ! Personne n'est a comparer avec une marchandise.