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Requérant battu à mort
02 février 2012 16:39; Act: 03.02.2012 10:43 Print
«Il disait qu'il avait mal, qu'il se sentait mourir»
par Francesco Brienza/Caroline Gebhard - Le concierge de l'immeuble lausannois devant lequel s'est produite une bagarre mortelle a porté secours au blessé juste avant son décès. Il témoigne.
La bagarre mortelle a eu lieu dans le quartier de Praz-Séchaud, à proximité du centre EVAM de Vennes. (photo: Lecteur reporter)
Un demandeur d'asile égyptien débouté a trouvé la mort mercredi après-midi après s'être bagarré avec un autre requérant algérien au chemin de Praz-Séchaud, à Lausanne. Ce dernier a été appréhendé juste après les faits. Présent sur les lieux, le concierge Sergio a donné les premiers soins à la victime, alors étendue sur la chaussée. «Il était encore conscient quand je l'ai trouvé, se souvient-il. Il était blessé au visage et au thorax, mais il n'y avait pas une goutte de sang sur lui.»
«Je vais mourir, je vais mourir, j'ai mal», ne cessait-il de répéter, en déchirant ses vêtements et en hurlant de douleur. Pendant que Sergio lui prodiguait un massage cardiaque, l'homme a dit avoir été «sprayé» et violemment tabassé. «Je le stimulais pour qu'il reste éveillé, mais je crois qu'il souffrait d'une hémorragie interne», indique le gardien d'immeuble, impuissant.
«Ces deux-là causaient toujours des histoires»
Mais comment une dispute entre deux individus a-t-elle pu se terminer en drame mortel? Selon le témoignage, jeudi après-midi, d'un résident du même centre de l'EVAM, à Vennes, l'agresseur était connu pour être «fou et stressé». Il insultait les autres résidents et «pétait facilement un câble jusqu'à se bagarrer». Toujours d'après la même source, l'Algérien arrêté était au moins depuis deux ans dans ce centre au nord de Lausanne, et probablement depuis plus de quinze ans sans papiers en Europe.
Ces propos concordent avec ceux de Sergio, le concierge. «Je connais une bonne partie des requérants de Vennes, explique-t-il. Selon mes contacts, les deux protagonistes causaient toujours des histoires. Ils se battaient souvent.» Plusieurs autres habitants se seraient effectivement plaints d'eux, à en croire Sergio. Ceux que j'ai rencontrés aujourd'hui m'ont même dit leur «soulagement» à l'idée de ne plus «avoir affaire à ces deux-là». «L'un d'eux a même dormi dans mon immeuble une fois au début de l'hiver, de peur de rentrer au centre et de tomber sur eux...»
Un drame évitable?
Comment se fait-il qu'aucune mesure n'ait été prise si ces deux individus nord-africains causaient du trouble depuis des mois? Responsable du secteur Lausanne à l'EVAM, Pascal Rochat affirme «ne jamais avoir remarqué de conflit entre les protagonistes dans le centre». Si cela avait été le cas, il promet qu'il les aurait reçus en entretien, comme le veut la procédure. «Or ce n'est pas le cas.»
Pourtant, Sergio est formel. «Je sais que certains requérants se sont plaints au responsable de la violence des deux protagonistes.» A l'époque, Pascal Rochat leur aurait expliqué n'avoir «nulle part d'autre où les mettre».





















