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Lausanne
02 février 2010 22:33; Act: 02.02.2010 21:55 Print
La charité envers les petits Roms risque l’interdiction
par Joël Burri - Pour empêcher les enfants de mendier, un élu propose de défendre aux passants de répondre à leurs sollicitations.
«De toute façon, on n’a pas un rapport équilibré avec une personne qui mendie, estime le socialiste Jean Tschopp. Alors pour régler le problème des mendiants mineurs, autant agir sur celui qui a le pouvoir.» Le conseiller communal socialiste n’hésite donc pas proposer l’interdiction de donner de l’argent aux enfants afin de lutter contre la recrudescence de Roms mineurs lavant des pare-brise pour quelques pièces ou accompagnant leurs parents qui tendent la main.
Jean Tschopp (PS) est choqué de voir la mendicité détourner les enfants de la scolarité. (Photo: job)
La prohibition de la mendicité fait débat en Suisse romande
A Genève, une loi prévoit que toute personne prise en flagrant délit de mendicité est passible d’une amende. Adopté en novembre 2007 par les députés, ce texte est entré en vigueur en février 2008. En mai 2008, le Tribunal fédéral a confirmé la possibilité d’interdire la mendicité. Dans le canton de Vaud, l’interdiction de tendre la main a été abolie en décembre 2006. Yverdon et les villes de la Riviera envisagent de la réintroduire dans leur règlement de police.
«Pour les enfants, l’aumône les dissuade de se rendre à l’école et les entraîne souvent dans une spirale de pauvreté», justifie l’élu. Pour mettre en place cette interdiction, il envisage dans un premier temps d’informer la population puis, à terme, d’infliger des amendes aux charitables contrevenants. D’autres mesures font partie du postulat qu’il a déposé mardi au Conseil communal: une meilleure collaboration avec les associations spécialisées et la création d’un partenariat avec Urziceni, ville roumaine d’où viennent la plupart des Roms de Lausanne.
Dina Bazarbachi, présidente de l’association de défense Mesemrom, se réjouit de ces deux derniers points mais s’indigne de l’interdiction. «On ne peut pas empêcher de donner à des personnes qui sont dans une misère noire, s’étrangle-t-elle. Sur place, les Roms font face à de réels problèmes de discrimination. L’accès aux écoles est de toute façon difficile pour leurs enfants!»























