Vevey (VD)

07 mars 2017 06:54; Act: 07.03.2017 06:54 Print

Un taximan accusé d’avoir forcé son épouse à avorter

par Christian Humbert - Le procès d’un Tunisien résidant en Suisse s’est ouvert lundi. Son ex l’accuse de divers sévices.

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Leur mariage a été rapide. Ils se sont connus sur internet en octobre 2013, et deux mois plus tard ils se mariaient en Tunisie, leur pays. Lors de leur nuit de noces, la mariée de 32 ans a fini chez le gynécologue. Son tout nouvel époux, déjà père de trois enfants et chauffeur de taxi en Suisse, avait été trop fort en besogne.

Le fâcheux incident annonçait la suite des événements. A leur retour sur la Riviera, où réside l’individu qui a déjà été condamné pour viol avec cruauté en 2000, les choses n’ont pas été en s’améliorant.

La jeune femme était séquestrée et privée de contacts avec l’extérieur. S’ajoutent crachats, insultes et bousculades. Enfin, lorsqu’elle a annoncé à son mari qu’elle était enceinte, celui-ci l’a obligée à avorter, avant de la mettre à la porte. Elle a porté plainte et est retournée dans son pays après avoir fait une fausse couche. Leur mariage n’aura duré que quelques semaines.

Le procès s’est ouvert lundi au Tribunal criminel de Vevey. La plaignante était confrontée pour la première fois depuis les faits à son tyran domestique. Il a tout contesté, y compris des SMS insultants, des abus sexuels et des visites de sites pornos. Il a également affirmé l’avoir «laissée choisir pour l’enfant». Assistée de deux avocats, la trentenaire a répliqué «avoir eu peur au point de pas pouvoir refuser». Au fil des dépositions, l’accusation s’est dégonflée: certains faits étant prescrits et d’autres compliqués à prouver, ce sera donc parole contre parole. Le procès se poursuit.