Suisse

28 juin 2017 12:01; Act: 28.06.2017 18:32 Print

Lausanne et Genève, pépinières de jihadistes?

La place-forte des jihadistes en Suisse reste la ville de Winterthur. Mais les centres urbains romands ne sont pas épargnés.

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Avec la mosquée An'Nur, la ville de Winterthur est devenue l'épicentre du djihadisme en Suisse. (Photo: Keystone)

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Les jihadistes en Suisse se concentrent autour de cinq villes. Sur les 72 personnes identifiées comme telles, la ville de Winterthur en compte 12, comme le précise le «Tages-Anzeiger» dans son édition du 28 juin.

Suivent ensuite les villes de Lausanne avec 9 radicalisés et celle de Genève avec 5. Le canton du bout du lac compte également un cas à Carouge et un autre à Anières. Cette présence relativement forte en Suisse romande est confirmée par les arrestations effectuées ces derniers jours à Meyrin (GE) et à Aubonne (VD).

Les autres centres du jihadisme en Suisse sont les villes de Bienne (BE), et d'Arbon (TG), avec chacune quatre radicalisations. Mais les milieux thurgoviens et zurichois sont très étroitement imbriqués.

Pas de radicalisations par Internet

L'enquête du «Tages-Anzeiger», qui a duré deux ans, montre que la radicalisation est accélérée par des personnalités centrales charismatiques comme des imams ou des sportifs de combat. Le recrutement s'effectue en cercles fermés gravitant à proximité des mosquées, internet ne jouant quasiment aucun rôle dans ces cas.

Le quotidien zurichois souligne que sur les 72 noms qu'il a réunis, 64 sont partis dans des zones de combat pour rejoindre des organisations comme l'Etat islamique ou Al-Qaida. Treize y ont perdu la vie mais quinze sont revenus en Suisse. Onze d'entre eux ont également milité avec l'organisation «Lis!» qui promeut un prosélytisme agressif avec la distribution de corans dans les rues.

Principalement des Bosniens

L'immense majorité (89%) de ces jihadistes proviennent de familles immigrées, principalement balkaniques et arabes du nord de l'Afrique comme la Tunisie. Mais les radicalisés ne représentent que 0,2 pour mille des 350'000 musulmans vivant en Suisse. Sur les 72 personnes identifiées, seules 25 ont un passeport suisse.

Ce sont surtout les Bosniens qui ont été séduits par le jihad et beaucoup d'entre eux entretenaient déjà des liens avec des salafistes dans leur pays d'origine. C'est le cas d'un jeune Lucernois qui a trouvé la mort au Moyen-Orient. Son épouse, membre du Conseil central islamique suisse (CCIS) l'a rejoint sur place après s'être vu refuser le droit d'ouvrir une garderie islamique à Volketswil (ZH).

Niveau de formation très faible

Les jihadistes suisses montrent également un niveau de formation très faible, souvent marqué par une rupture de scolarité ou d'apprentissage, des problèmes psychologiques, le chômage ou la dépendance aux services sociaux. Une famille de Bienne disait sa fierté d'avoir vu son fils partir pour le jihad avec l'argent de l'assistance sociale.

La moyenne d'âge tourne autour des 26 ans, avec dans les deux extrêmes une adolescente de 15 ans et trois hommes de 48 ans qui sont partis dans les zones de combat. Toutefois, les organisations terroristes séduisent principalement des jeunes, hommes et femmes étant répartis à égalité.

(smk/nxp)