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Sommet de la Francophonie
08 mars 2010 19:54; Act: 08.03.2010 20:01 Print
Montreux ne disposera «que» de 30 millions
La Confédération ne pourra pas dépenser plus de 30 millions de francs pour le Sommet de la francophonie, prévu du 20 au 24 octobre à Montreux (VD).
Au grand dam de Micheline Calmy-Rey, le Conseil des Etats a tacitement suivi lundi l'avis du National.
La conseillère fédérale aurait initialement voulu un crédit de 35 millions. Mais devant le refus de la Chambre du peuple jeudi dernier et l'avis négatif de la commission de la Chambre des cantons, elle s'est ralliée aux 30 millions voulus par le Parlement.
Les postes budgétaires seront réévalués et les dépenses strictement contrôlées par le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), a annoncé la ministre socialiste après avoir souligné l'importance de la manifestation pour la Suisse.
Relevant que le pays remplaçait au pied levé Madagascar pour accueillir le sommet, Pankraz Freitag (PLR/GL) a rappelé pour la commission que le Parlement n'avait guère goûté la méthode employée par le Conseil fédéral pour obtenir des fonds. La délégation des finances a d'ailleurs refusé fin janvier d'accorder une avance ordinaire de 11,5 millions pour son organisation, estimant que le Parlement avait le temps de se prononcer.
Pas de marge de manoeuvre
Satisfait sur ce point, Alain Berset (PS/FR) espère juste que les 30 millions suffiront. «Pour l'un des tout grands sommets internationaux qui regroupe une septantaine de chefs d'Etat de notre planète, il aurait été bon d'avoir une certaine marge de manoeuvre, non pas pour les dépenses, mais pour les crédits d'engagement», a-t- il déclaré.
Il reçu le soutien des deux conseillers aux Etats vaudois. «30 millions correspondent au budget du FC Bâle, c'est assez important mais cela reste modeste par rapport à l'enjeu pour la Suisse», a défendu la socialiste Géraldine Savary. Ce qui coûte le plus dans l'opération sont les frais de sécurité, soit 13,5 millions, mais ils sont imposés en grande partie par les chefs des Etats invités.
«L'organisation du sommet du G8 à Evian est restée de triste mémoire dans l'arc lémanique. Il ne faut pas lésiner sur le budget pour éviter que de tels incidents se reproduisent», l'a soutenu l'écologiste Luc Recordon.
Pas sérieux
Assurant soutenir le sommet, This Jenny (UDC/GL) en a critiqué le budget. «Les délais étaient trop courts pour permettre une planification sérieuse», a-t-il développé, en invoquant l'engagement d'une agence événementielle sans appel d'offre.
Sa minorité UDC aurait dès lors voulu compenser 10 millions dans le budget 2010 du DFAE. Toute nouvelle dépense doit être compensée d'habitude, a justifié Hannes Germann (UDC/SH).
«Financer avec l'argent de l'aide au développement est contraire au bonnes règles des finances fédérales», a contré Mme Calmy-Rey. Une telle compensation placerait le DFAE dans une situation financière extrêmement difficile, or ce n'est pas le département, mais la Suisse qui accueille le sommet sur décision du Conseil fédéral, a renchéri Didier Berberat (PS/NE).
Le Conseil des Etats a rejeté la proposition UDC par 25 voix contre 8. Au vote d'ensemble, le projet a été adopté 31 voix pour et 8 abstentions.
(ap)























