Vaud

11 février 2018 19:43; Act: 11.02.2018 19:43 Print

Accusé d'avoir abusé de sa fillette, il est libéré

par Christian Humbert - Détenu en préventive depuis novembre 2016, un Suisse accusé d'avoir abusé de sa fille a retrouvé la liberté en attendant la suite de l'affaire au Tribunal.

storybild

Le père accusé d'avoir abusé de sa fille alors âgée de 6 ans devrait être fixé sur son sort avant la fin de l'année. Le procès a été suspendu pour étudier la crédibilité des déclarations de la victime présumée.

Sur ce sujet
Une faute?

Nouveau coup de théâtre dans le procès suspendu d'un père présumé abuseur de sa fillette: le Tribunal des mesures de contrainte du canton de Vaud a décidé sa libération. L'homme a pu quitter la prison vendredi en fin de journée. Toutefois, il doit s'astreindre à toute une série de mesures de contrôle et au versement d'une caution de 20'000 francs après libération, comme l'a proposé son avocat, Me Jacques Barillon. «Cette libération consacre le respect de l’égalité des armes entre les parties et celui de la présomption d’innocence», s'est réjoui le bouillant avocat. Le quinquagénaire suisse était détenu depuis novembre 2016.

Influence de la mère ou accusations spontanées?

Fin janvier, au deuxième jour du procès, le Tribunal criminel de Vevey a décidé de suspendre l'audience et a ordonné une expertise de crédibilité de l'enfant. Il s'agit de déterminer si les graves accusations de la victime présumée sur le comportement du père ont été spontanées et véridiques ou «dictées» par sa mère, qui est en conflit avec le prévenu.

L'avocat de l'ancien haut fonctionnaire vaudois avait d'emblée annoncé vouloir réclamer la libération immédiate de son client. Le procureur, Anthony Kalbfuss, s'y est opposé.

Mais la présidente de la Cour, Anne-Catherine Page, a pour sa part émis un préavis favorable, en tenant compte des mesures de substitution proposées par la défense. Le prévenu a déposé ses papiers d'identité. Il doit se rendre au poste de police de son lieu de résidence une fois par semaine. Il lui est aussi interdit de contacter ou d'approcher la fillette et de côtoyer des mineurs. Enfin, il devra suivre un traitement psychiatrique. La justice veut éviter tout risque de fuite à l'étranger ou de récidive.

«Excité de ne pas être vu»

Masturbateur compulsif, en particulier dans les trains, celui qui fut aussi employé du CICR en Afrique est accusé d'avoir forcé sa fille, alors âgée de 6 ans, à des fellations et à des attouchements. Parfois, les membres et les yeux de la victime présumée auraient été entravés avec du scotch. Les photos et vidéos trouvées chez le prévenu semblent montrer qu'il est coutumier de telles pratiques avec ses amantes. «Parce qu'il est excité de ne pas être vu», avait soutenu l'accusation.

Il risque 6 ans de prison

Du sperme avait été identifié sur le nounours de la gamine. «Je me suis mal essuyé les mains», s'était défendu le présumé pervers. Le quinquagénaire suisse a nié tout acte déplacé sur son enfant dont les propos avaient été jugés crédibles par sa pédopsychiatre. Le procès devrait reprendre cette année. Si les déclarations de l'enfant sont jugées crédibles, le prévenu risque au minimum 6 ans de prison.

Le procureur n'a pas souhaité commenter la décision du Tribunal des mesures de contrainte.