Scandale sexuel à Lausanne

14 juin 2018 19:51; Act: 15.06.2018 09:25 Print

Acquitté, ou interdit de travail avec des enfants?

par Yannick Weber - Le procès du moniteur de colonie de vacances accusé d'attouchements sur des mineures s'est poursuivi jeudi. La présidente du Tribunal doit trancher.

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Jeudi, lors du deuxième jour du procès d'un jeune homme accusé d'avoir caressé des fillettes lors d'une colonie de vacances, la parole était aux avocats. Et cette parole a été largement consacrée à celles des victimes présumées, avec l'enjeu de déterminer si leur témoignage pouvait constituer une preuve de culpabilité.

Du côté de la partie plaignante, chacun des trois avocats a, tour à tour, énuméré les arguments pour convaincre de la crédibilité des témoignages. «Les fillettes ont toutes été entendues plusieurs fois, et leurs déclarations n'ont pas varié d'un iota», a déclaré Me Coralie Germond. «On ne voit pas l'intérêt de monter une telle histoire. Elle avait 10 ans au moment des faits. Elle n'est pas une romancière», a pour sa part estimé son confrère Félicien Monnier, avocat d'une autre des fillettes. Les trois hommes et femmes de loi ont par ailleurs demandé que le jeune homme se voie signifié une interdiction de travailler avec des enfants pendant une période de dix ans.

«C'est invraisemblable!»

Du côté de la défense, l'allocution de Me Gilles Monnier, qui a duré plus d'une heure et demie, a affirmé l'innocence de son client: «Il a été moniteur pendant sept ans. Pendant sept ans, il ne s'est rien passé. Et, soudainement, en l'espace de trois jours, ce jeune homme apprécié devient un abuseur et s'en prend à trois enfants, et ce devant tout le monde? C'est invraisemblable!»

Il a, pour étayer son point de vue, rappelé le rapport d'un expert, qui a déchargé l'accusé. Une expertise psychiatrique n'a pas non plus trouvé de quoi accabler le jeune moniteur. Selon lui, un premier témoignage d'une fillette, qui aurait trouvé «bizarre» un geste de ce moniteur décrit comme tactile, aurait ensuite semé le doute auprès de ses camarades. Celles-ci auraient alors pu voir des gestes déplacés là où, précédemment, ils auraient été vus comme anecdotiques.

Pas un pédophile en puissance

Tous ont semblé s'accorder sur le fait que le cas ne relevait pas des actes d'un dangereux criminel. «Nous ne sommes pas en présence d'un pédophile en puissance, mais d'une personne qui a agi de manière égoïste en ne pensant qu'à sa petite personne pour satisfaire ses pulsions», a considéré Me Germond.

A l'inverse, Me Gilles Monnier a souhaité que les fillettes soient enfin déchargées de la pression de la procédure judiciaire en innocentant son client: «Elles doivent être libérées de l'idée qu'elles ont été abusées, car elles ne l'ont pas été.» La présidente du Tribunal rendra son verdict vendredi prochain.