Lausanne

22 novembre 2017 19:11; Act: 22.11.2017 19:23 Print

Contrôle de police musclé et plaintes réciproques

par Yannick Weber - Un homme dit s'être fait passer à tabac par des agents. Ceux-ci déposent plainte pour injures et menaces.

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A.B. a fait établir un constat au CHUV pour attester de ses blessures. (Photo: dr)

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Une interpellation a pris une tournure violente, samedi vers 2h du matin, à la Blécherette. Alors qu’il se trouvait au bord de la route, A.B., Suisse de 42 ans, s’est retrouvé face à des agents qui ont voulu procéder à un contrôle. Lui qui dit avoir déjà été victime de violence policière il y a un an affirme qu’une même agente que dans le cas précédent s’est retrouvée face à lui et l’aurait reconnu.

Le ton est vite monté. «Ils m’ont mis au sol, menotté, écrasé le visage par terre et frappé», raconte-t-il. Porte-parole de la police de Lausanne, Jean-Philippe Pittet explique pour sa part que «les policiers ont fait usage de la contrainte pour maîtriser l’individu.» Emmené au poste, A.B. n’en est sorti que vers 16h. Il s’est rendu au CHUV, où a été établi un rapport détaillé des blessures constatées. Parmi elles, des lésions à la mâchoire, des douleurs aux côtes et un gros hématome sur le fémur gauche.

Sa plainte pénale, déposée après le cas vécu en 2016, a été classée il y a moins d’un mois par un procureur de la division des affaires spéciales. Il souhaite désormais faire appel à un avocat.

Du côté de la police, la version des faits est différente. «Une dénonciation pour troubles à l’ordre public a été effectuée. Des plaintes pénales pour injures et menaces ont été déposées par les policiers», informe Jean-Philippe Pittet. Il indique aussi qu’en 2016, sur 31'000 interventions, seules 4 plaintes visant des policiers ont été enregistrées, contre 166 émanant d’agents à l’encontre de tiers.