Vaud

07 juillet 2014 22:52; Act: 08.07.2014 13:08 Print

Curatrice contre son gré, elle se lie avec sa pupille

par Abdoulaye Penda Ndiaye - Le Canton n’obligera plus ses citoyens à gérer les affaires de tiers en difficulté. Un défi pourtant enrichissant, comme le raconte Marine.

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B. BOISSONNET / BSIP (Photo: AFP)

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L’initiative parlementaire fédérale «Les citoyens ne doivent pas être nommés contre leur gré» du conseiller national Jean Christophe Schwaab est en consultation. Directement visé, le seul canton qui oblige ses citoyens à accepter d’être curateurs a pris les devants. «C’est la fin de l’obligation», a annoncé hier la conseillère d’Etat vaudoise Béatrice Métraux. Désormais, l’Etat mise sur le volontariat, tandis que les «cas lourds» resteront toujours à la charge des curateurs professionnels.

Infirmière domiciliée dans le Nord vaudois, Marine a accepté, bien malgré elle, d’être curatrice, il y a cinq ans. Jointe par «20 minutes», elle parle de cette expérience. «Avoir trois enfants à la maison, un mari, un emploi et devoir s’occuper des démarches administratives d’une quadragénaire souffrant d’une maladie mentale, c’est lourd», lance-t-elle d’emblée. Le cas tombait d’autant plus mal qu’elle venait de démarrer une formation obligatoire dans le médical.

La mesure n’a toutefois pas eu que des inconvénients. En s’occupant de sa pupille, elle a, par exemple, rempli pour la première fois une déclaration d’impôts. La démarche a aussi pris une dimension humaine. «Même si j’arrêtais d’être curatrice, je continuerais à voir cette femme, car un véritable lien s’est tissé entre nous», relève-t-elle. Empathie et solidarité: le Canton mise sur ces deux mots pour que la mesure anachronique de la contrainte cède la place à un volontariat populaire et enthousiaste.