«Lettre à Guillaume Tell»

16 septembre 2010 13:16; Act: 17.09.2010 08:06 Print

Des Vaudois dénoncent le racisme

par Fabrice Aubert - Séduit par le morceau d’un groupe de rap lausannois, le canton de Vaud a financé un clip et un court métrage que nous vous dévoilons en primeur.

MXX (Femi Fox-Maèn): «Lettre à Guillaume Tell». La musique a été composé et jouée par Yena, l'un des membres du groupe lausannois.
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«Lettre à Guillaume Tell»: un jeune Suisse d’origine africaine écrit à Guillaume Tell pour se plaindre de sa situation précaire dans le pays qui l’a vu naître. Ce morceau du collectif hip-hop lausannois MXX, présent sur l’album «The Swiss Game» sorti il y a peu, épingle les problèmes de l’intégration et du racisme en Suisse. Ces thématiques, et la façon dont elles ont été traitées par les rappeurs, ont plu au canton de Vaud qui leur a apporté son soutien.

«Nous avons d’abord contacté la Confédération pour leur parler de notre morceau et de notre concept», nous explique Maén, responsable du groupe et label MXX. «On nous a renvoyé à la commune de Lausanne puis au canton.» C’est finalement le Bureau cantonal pour l’intégration des étrangers et la prévention du racisme qui convoque les rappeurs vaudois pour leur faire part de son intérêt. Il décide de financer la réalisation d’un clip. «Nous avons fait deux versions, l’une courte pour passer sur les TV et l’autre sous la forme d’un court métrage.»

Maén précise que l’idée du morceau est venue en constatant que «de nombreux jeunes pensent que le racisme n’est plus aussi présent qu’il y a quelques années, alors qu’il n’en est rien». Les membres de MXX savent de quoi ils parlent puisqu'en plus des Suisses, le collectif est composé d'origines diverses allant du Congo à l'Irak. En plus, «les valeurs du hip-hop prônent la tolérance et le respect d’autrui», rappelle le boss du groupe, «même si ça se perd de plus en plus».

Le but de la démarche est donc de «sensibiliser ces jeunes non seulement sur le problème du racisme mais aussi de l’intolérance et de l’intégration. Dans les vidéos, on voit que même le Suisse de pure souche a des problèmes et que pour un rien la situation peut dégénérer et faire des victimes innocentes.»

La version longue du court métrage «Lettre à Guillaume Tell»: