Chavornay (VD)

13 février 2018 14:10; Act: 13.02.2018 15:36 Print

Fourgon attaqué: qui sont les vrais braqueurs?

par Evelyne Emeri - Placés en garde à vue lundi, le convoyeur de fonds, sa fille et son coéquipier ont été remis en liberté cet après-midi.

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Depuis hier lundi, le trio de victimes présumées de ce braquage hors-norme - 20 à 30 millions non confirmés - est en garde à vue, à Lyon. Le parquet lyonnais nous l'a confirmé il y a quelques minutes. Pour sa part, la police cantonale vaudoise, qui collabore activement avec ses homologues de Lyon, nous renvoie en France pour toute communication. Et la procureure en charge du volet helvétique, Monica Leita Vermot, ne fait aucun commentaire à ce stade des investigations.

Argent «offert» par le commando

L'info de la garde à vue a fuité ce mardi matin, même si les conjectures d'éventuelles complicités entre les braqueurs, les deux convoyeurs et la fille de l'un d'eux sont très vite apparues envisageables. Trop facile, trop parfait, trop bien orchestré. Le casse ultramillimétré de jeudi soir dernier a immédiatement éveillé les soupçons des enquêteurs vaudois et lyonnais. L'hypothèse d'une association de malfaiteurs a été poursuivie par les deux entités policières, qui coopèrent depuis l'attaque du précieux convoi. Les circonstances semblaient très claires. Les témoignages des collaborateurs de l'entreprise valaisanne SOS Surveillance et de la fille de l'un d'eux, enlevée à son domicile de Lyon contre le contenu du fourgon blindé, semblaient parfaitement crédibles. Dans un premier temps.

Ce n'est qu'hier que ces trois personnes ont été convoquées à la Direction interrégionale de la police judiciaire de Lyon. Elles n'en sont pas ressorties. Leur garde à vue leur a été signifiée. D'autres éléments sont survenus au cours de leurs différents interrogatoires. Le collègue du père de la jeune fille de 22 ans aurait avoué avoir accepté une grosse somme de la part du commando à Chavornay. Pourquoi, comment? Complices, pas complices? Des centaines de milliers de francs que le gardé à vue aurait ramenés chez lui, en Suisse. Il serait seul en cause s'agissant de ce cadeau des braqueurs. L'autre thèse, c'est que, dans la hâte, les trois individus lourdement armés, encagoulés et gantés auraient oublié quelques liasses sur le parking vaudois.

Billets intacts

Désarmant également: comment avoir récupéré des billets intacts sans que le système de neutralisation avec projection d'encre ne s'actionne? Pourquoi ne pas avoir activé le bouton d'urgence dans l'habitacle alors que les consignes sont très claires? La fille du convoyeur a-t-elle vraiment supplié son père, domicilié à Annemasse, à ne pas le faire pour être libérée par ses ravisseurs, déguisés en plombiers? Pourquoi ce petit parking de Chavornay si proche de la sortie d'autoroute où le véhicule blindé circulait avant d'être détourné de l'autoroute A1, direction Lausanne, si ce n'est pour ne pas affoler la géolocalisation permanente du véhicule?

Des zones d'ombres à l'infini pour un scénario drôlement bien ficelé, mais qui pourrait bien rester l'oeuvre du grand banditsime lyonnais et de ses aspirations de braquages transfrontaliers. Le commando, qui a filé, sans faire de blessés, avec le butin à bord d'un 4x4 foncé Porsche, est introuvable, tout comme les deux complices kidnappeurs de la jeune femme de 22 ans. Reste une question centrale si les complicités devaient se vérifier. Se limitent-elles uniquement au trio et aux professionnels de ce vol à main armée? Ou plus largement à d'autres employés de la société de transfert de fonds, voire au mandataire de ce cher transport?

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