Lausanne

21 avril 2017 07:00; Act: 21.04.2017 11:46 Print

Harcelée depuis 22 ans par un papy amoureux d'elle

par Christian Humbert - Malgré plusieurs décisions de justice, un septuagénaire ne renonce pas. Coups de fils, rencontres «fortuites»: sa victime vit un enfer.

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Même recevoir de jolies fleurs peut finir par devenir très pesant. (Photo: iStock)

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Un septuagénaire de la région lausannoise détient sans doute le record du dragueur le plus assidu. Depuis 22 ans, l’homme ne cesse de poursuivre Nathalie* de ses assiduités. Mais ses sentiments sont loin d'être partagés. «Je vis un calvaire», a raconté la victime à «20 minutes».

Car le papy se montre pour le moins obstiné. Ses appels incessants, son espionnage, ses nombreuses lettres, ses cadeaux, ses fleurs déposées sur la voiture, les rencontres qu'il provoque sur la route, dans les magasins et même sur le lieu de travail de sa victime lui ont déjà coûté près de 20'000 francs en frais de justice et indemnisations. Car Nathalie, qui est harcelée par le vieil homme depuis qu'elle a eu le malheur de l'avoir pour voisin dans son immeuble, a saisi la justice à plusieurs reprises.

L'ancien employé des CFF a ainsi été condamné pour abus de téléphone. Puis, en 2014, un procureur de Lausanne a considéré que l'impact négatif de son harcèlement contre sa victime, de 25 ans sa cadette, était assimilé à des lésions corporelles et le retraité a une nouvelle fois été condamné.

Elle a changé de vie mais rien n'y fait

Cette obsession a totalement chamboulé la vie de Nathalie, qui a déménagé, changé de numéro de téléphone et même de poste de travail. Elle a également souffert de dépression. «A part une fois, il ne s'est jamais montré agressif. Je n'ai jamais eu le moindre geste ni la moindre parole équivoques. Rien n'y fait: il ne cesse de me harceler, malgré une décision de justice lui interdisant de s'approcher de moi.»

Assistée de l'avocat Christian Bacon, Nathalie a déposé une nouvelle plainte en novembre 2016. «Il avait pris l'engagement écrit, en 2015, de ne plus m'approcher. Il ne l'a pas respecté. Je ne veux qu'une chose: qu'il cesse de m'importuner. Je ne comprends pas le flash qu'il a eu sur moi, depuis si longtemps. J'ai perdu des années de ma vie . Je suis constamment épiée. J'ai peur de rentrer chez moi».

La justice a décidé que le septuagénaire devait subir une expertise psychiatrique.

*prénom d'emprunt