Suisse - France

28 mai 2017 13:57; Act: 28.05.2017 15:15 Print

Les braqueurs de l'A1 étaient suivis depuis un an

Les sept hommes interpellés mercredi en France après avoir braqué un fourgon contenant près de 40 millions de francs entre Lausanne et Genève s'étaient préparés depuis des mois. Mais ils étaient filés.

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Pour braquer un fourgon blindé et partir avec un butin de plusieurs dizaines de millions de francs sans tirer un coup de feu, il faut avoir de l'expérience. Et de l'expérience, l’équipe de délinquants, interpellée mercredi quelques heures après l'un des plus gros braquages de ces dernières années en Europe, en avait. Les sept individus, âgés de 32 à 50 ans, doivent être déférés dimanche devant le parquet de Lyon à l'issue de 96 heures de garde à vue.

Et si les braqueurs ont été interpellés si rapidement après leur forfait, c'est qu'ils étaient suivis depuis plus d'un an par la police lyonnaise, révèle «Le Parisien». Avant de s'attaquer au fourgon de transport de fonds banalisé, dans la nuit de mardi à mercredi sur l'A1 entre Lausanne et Genève, les malfrats avaient tout prévu. Ils avaient volé deux véhicules spécialement dans l'optique de ce gros coup: une Audi S4 et une Peugeot 508 GT.

C'est avec ces deux voitures, gyrophares sur le toit, que les individus ont surgi devant le fourgon en pleine nuit sur l'autoroute. Porteurs d'un brassard police, les sept braqueurs, encagoulés et lourdement armés, ont alors collé un pain d'explosif sur le pare-brise, obligeant les convoyeurs à se rendre. Ils ont ensuite acheminé le véhicule de transport de fonds jusqu'à Divonne-les-Bains, de l'autre côté de la frontière, pour décharger le butin, incendier le fourgon et libérer les convoyeurs.

«J'hésitais entre Copacabana ou Miami et me voilà menotté»

Au cours de leur filature, les policiers ont constaté les nombreuses virées nocturnes de l'équipe les semaines précédant le braquage du fourgon. Leur voiture roulait à plus de 200km/h sur des autoroutes désertes, passant parfois par la Suisse où les hommes ralentissaient l'allure. Les enquêteurs ont compté au moins une dizaine de ces escapades, qui servaient autant à repérer les lieux qu'à s'entraîner.


Le butin en poche, les malfaiteurs se sont rendus dans un pavillon de la commune de Chavanod (Haute-Savoie) où les policiers sont venus les «cueillir» quelques heures après. Là, ils sont tombés sur cinq individus, plongés dans le noir qui, au terme d'une interpellation musclée, mais sans coup de feu, ont été appréhendés. Deux derniers voyous ont été arrêtés plus tard alors qu'ils commençaient à transférer une partie des fonds dans un utilitaire blanc.

A l'intérieur de la planque, les enquêteurs découvrent un véritable trésor de guerre: une dizaine de sacs bourrés de billets de francs suisses et d'euros, des kalachnikovs, des revolvers et des fusils d'assaut, des gilets pare-balles, des perruques, des cagoules, des brouilleurs d'ondes et des talkies-walkies... Il y a même tellement d'argent que les enquêteurs placent tout sous scellé et ne cherchent pas à tout recompter sur place, limités par le temps de la garde à vue, raconte «Le Parisien». Tout juste arrêté, un braqueur lâchera, dépité: «J'étais en train d'hésiter entre Copacabana ou Miami et me voilà menotté». La maison dans laquelle les individus ont été interpellés appartient à un homme connu pour un braquage en Suisse dans les années 1990. Il explique ignorer pourquoi les interpellés, dont il dit ne pas connaître l'identité, auraient fait irruption chez lui en pleine nuit.

(cga)