Prilly

18 novembre 2016 10:17; Act: 18.11.2016 11:15 Print

Les tours de Malley-Gare face au vote des citoyens

Le sort de ce grand projet sera connu dimanche prochain. Si le non sort des urnes, tout devra être repris de zéro.

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Les Prilliérans se prononceront le 27 novembre sur le Plan partiel d'affectation (PPA) de Malley-Gare. Objet d'une campagne intense, le projet urbanistique suscite la controverse, en raison de deux tours d'une hauteur maximale de 63 et 77 mètres.

Ce PPA constitue la première étape de la renaissance de la friche de Malley, appelée à se densifier dans l'Ouest lausannois. Située près d'une halte CFF, elle est destinée à devenir un écoquartier. En Suisse romande, il s'agit du premier quartier labellisé «site 2000 watts» par la Confédération.

Le Conseil communal de Prilly a donné son aval au projet à une très large majorité et décidé de le soumettre à un référendum spontané. Il est soutenu par l'Association Malley-Demain, qui comprend l'ensemble de l'échiquier politique prilliéran, à l'exception de l'UDC.

Malley-Gare devrait ainsi accueillir quelque 420 nouveaux habitants ainsi que 630 emplois. Organisé autour de deux places publiques, le concept prévoit deux tours dont le visage n'est pas encore connu. Elles feront l'objet d'un concours d'architecture après la votation.

Syndic enthousiaste

«Ce projet va créer de nouveaux logements, de nouveaux emplois, des commerces de proximité, des bureaux, des écoles», s'enthousiasme Alain Gillièron, syndic de Prilly. «Certes, dans des bâtiments hauts, mais cela peut aussi être élégant et utile. Cela laisse une large place aux parcs publics, à la nature en ville».

Connecté au système d'agglomération Lausanne-Morges, le quartier bénéficiera par ailleurs de nombreux bus, trains, trams. Il restituera aux communes de Prilly et Renens un véritable espace de vie avec des lieux de culture, des installations sportives, à la place d'un «no man's land».

Dix ans de travail soumis au peuple

Le développement de Malley-Gare n'est cependant que le premier morceau d'un puzzle. Il sera suivi de deux autres PPA (Malley-Viaduc et Malley-Gazomètre) d'ici à 2022-2025. L'entier de la friche devrait accueillir jusqu'à 2800 habitants et 1700 emplois, ainsi que trois tours supplémentaires.

En cas de non le 27 novembre, dix ans de travaux préparatoires passeraient à la poubelle. «Les conventions signées avec les propriétaires, tout un travail titanesque serait à refaire», avertit le syndic.

Démesure dénoncée

En face, quatre associations de la région appellent à mettre un non résolu dans l'urne: Avenir Malley, Groupe de Florissant, Association Vivre Renens et l'Ouest Lausannois ainsi que le Mouvement de Défense de Lausanne.

Pour les opposants, c'est maintenant qu'il faut refuser «la logique de la démesure». Ils dénoncent notamment un mur de tours qui impactera la vue de dizaines de milliers de Lausannois et Prilliérans.

S'ils se disent favorables à une densification, «il faut savoir où mettre le curseur: 648 habitants/emplois à l'hectare pour Malley-Gare, c'est sept fois la densité de Prilly, et quasi le double de celle du centre-ville de Lausanne», argue Jean-Claude Péclet. Président d'Avenir Malley, il déplore l'opacité du PPA.

Saucissonnage

«N'importe où ailleurs, ce projet aurait fait l'objet de présentations précises, de simulations, de photomontages», décrit-il. «Un autre point extrêmement dérangeant, c'est le saucissonnage du projet en plusieurs tranches, on va voter sur la première sans savoir ce qui vient après.»

Les adversaires du PPA craignent également l'augmentation du trafic sur un axe nord-sud déjà engorgé.

Pour le syndic, les autorités ont été claires en montrant des images de l'ensemble du projet: «Un logiciel magique montre l'impact des tours à chaque habitant depuis chez lui. Il n'y a pas de mur de tours», assure-t-il.

Quant au trafic supplémentaire, «on n'y peut rien, c'est le trafic d'agglomération». Les trois nouvelles sorties d'autoroute prévues devraient le faire diminuer de 50% à Malley.

Autres votations

La région a connu d'autres votations sur le sujet sensible des tours. La population lausannoise avait refusé le projet de la tour Taoua près du Palais de Beaulieu en 2014. En revanche, celle de Chavannes-près-Renens avait obtenu la même année une large adhésion.

(nxp/ats)