Suisse romande

27 septembre 2016 20:01; Act: 27.09.2016 20:27 Print

Presse régionale désossée, classe politique inquiète

Tamedia va biffer 31 postes à «La Tribune de Genève» et à «24 heures». Les réactions des élus n’ont pas tardé.

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Près de 350 journalistes ont manifesté à Lausanne et à Genève. (Photo: Keystone/Laurent Gillieron)

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«Une vive inquiétude»: ce sont les mots des Conseils d’Etat vaudois et genevois après l’annonce, mardi, des restructurations qui vont frapper les rédactions de «La Tribune de Genève» et de «24 heures» décidées par Tamedia, également éditeur de «20 minutes».

«Nous voulons souligner la dimension de service à la démocratie régionale que jouent ces journaux, note Pierre-Yves Maillard, président du gouvernement vaudois. Il ne faut pas qu’elle soit oubliée, surtout de la part d’un groupe de ce poids.» Les deux Exécutifs indiquent avoir «communiqué à Tamedia leur ouverture à un échange de vues sur les perspectives à court et à moyen termes de l’activité des médias dans les deux cantons».

Les syndics de neuf villes vaudoises (Lausanne, Vevey, Montreux, Yverdon-les-Bains, Renens, Nyon, Morges, Ecublens et Prilly) ont également cosigné une lettre invitant le groupe zurichois à suspendre ces mesures et à ouvrir des négociations avec les sociétés de rédacteurs «afin de dégager une stratégie de développement qui s’appuie sur le contenu rédactionnel». Pour eux, «le maintien, la qualité et la pluralité» de la presse régionale sont «des composantes essentielles à la formation de l’opinion politique et à la vitalité du débat public.» Ils s’inquiètent aussi des menaces sur l’emploi, dans un secteur déjà sévèrement touché par plusieurs cures d'amaigrissement ces dernières années.

Alors que les syndicats qui représentent les professionnels des médias refusent tout licenciement, «Le Courrier» révèle que le groupe Ringier pourrait lui aussi supprimer dix postes, au «Temps» et à «L’Hebdo».

(frb/mkm/apn/ats)