Jumelles de Saint-Sulpice (VD)

08 décembre 2015 11:53; Act: 08.12.2015 12:54 Print

Rapport demandé sur l'alerte enlèvement

L'absence d'alerte enlèvement dans le cadre de la disparition des jumelles de Saint-Sulpice, en 2011, était-elle justifiée? C'est la question que se pose une députée socialiste.

Voir le diaporama en grand »
Le 19 février 2014, est revenue longuement sur la disparition des jumelles Alessia et Livia, partant d'une lettre anonyme (voir ci-après). La rédaction de «Chi l'ha visto» a reçu une lettre anonyme. «J'ai travaillé dans l'atelier qui a imprimé leurs faux passeports», écrit l'auteur. (Mercredi 19 février 2014) Dimanche 30 janvier 2011, Matthias S. enlève ses filles Alessia et Livia à Saint-Sulpice (VD). En fin d'après-midi, il passe la frontière franco-suisse, sans les passeports de ses filles. Immédiatement, la maman, Irina Lucidi, lance l'alerte. Le 27 janvier, Matthias S. avait reçu un mail de la maman des petites lui annonçant son souhait de divorcer. Le 31 janvier, le père, qui souffrait de dépression au moment des faits, embarque pour la Corse. Sa destination: Propriano. Il réserve une cabine sur le ferry. Les enquêteurs n'ont jamais eu de preuve concernant la présence des filles sur le bateau. La mère d'Alessia et Livia a suivi l'enquête de près. Elle se rend à Marseille et en Corse à la demande de la police française. En 2013, on ne sait toujours pas si les filles ont un jour posé un pied sur le sol corse. Après avoir passé la journée du mardi en Corse et les deux jours suivants en Italie, il se suicide (le 3 février) sous un train en gare de Cerignola dans les Pouilles. Les policiers lancent d'importantes recherches sur le site. Les moindres recoins sont fouillés pour retrouver les petites. Les instances policières suisses, françaises et italiennes travaillent de concert. Le 7 octobre 2011, Irina Lucidi, la maman des jumelles, crée la fondation Missing Children Switzerland, une ONG de soutien aux familles d'enfants disparus. Depuis le début de l'enquête, aucun indice probant n'a permis aux enquêteurs de déterminer si les deux fillettes sont restées en vie.

Sur ce sujet
Une faute?

La députée socialiste Jessica Jaccoud a développé mardi au Grand Conseil vaudois un postulat pour une alerte enlèvement plus efficace. Elle a demandé un rapport au Conseil d'Etat sur les motifs qui ont conduit la police vaudoise à ne pas déclencher ce dispositif lors de la disparition des jumelles de St-Sulpice (VD).

Jessica Jaccoud souhaite un rapport sur les possibilités d'amélioration du système, notamment quand l'un des parents est à l'origine de l'enlèvement. Le Conseil d'Etat est également prié de rendre un bilan critique sur l'action de la police lors des premières 48 heures qui ont suivi la disparition d'Alessia et Livia.

Les critères pour le déclenchement de l'alerte enlèvement étaient remplis. Néanmoins, la police ne l'a pas fait. Car le dispositif n«est pas automatiquement mis en oeuvre lorsque l'un des parents est impliqué dans le kidnapping, a-t-elle rappelé.

Jumelles toujours portées disparues

De nombreuses questions se posent, note la députée: y a-t-il eu erreur d'appréciation, quels étaient les processus internes en vigueur, qui était compétent pour déclencher l'alerte enlèvement, police ou Ministère public ? En France, ce dispositif a été utilisé 16 fois avec 100% de succès, a rappelé la socialiste.

La mère des jumelles et sa fondation Missing Children soutiennent la démarche. Le texte a été renvoyé en commission pour examen.

Les jumelles de 6 ans ont été enlevées fin janvier 2011 à St-Sulpice (VD) par leur père qui s'est ensuite suicidé. Les fillettes nont jamais été retrouvées.

(nxp/ats)