«Faute d'amour»

19 septembre 2017 17:08; Act: 19.09.2017 22:09 Print

Un film percutant qui ne laisse personne indemne

par Marine Guillain - «Faute d'amour» raconte la disparition de l'enfant mal aimé d'un couple en plein divorce.

Une faute?

L'image qu'Andreï Zviaguintsev montre de la société et de l'humain est loin d'être flatteuse, et c'est un euphémisme. Le titre de son film, «Faute d'amour» (encore plus fort en an­glais: «Loveless», donc «sans amour») annonce d'entrée la couleur. La grisaille plutôt. Genia (Maryana Spivak, sidérante de froideur et de complexité) et Boris (Alexeï Rozine) se sont rencontrés, se sont mariés, ont eu un enfant. Trop jeunes. Douze ans après, ils font partie de la classe moyenne montante en Russie. Ils sont en instance de divorce, chacun a une relation extraconjugale, ils se haïssent. Premier coup de massue. Leur méchanceté et leur égoïsme frappent de plein fouet.

Disparition inaperçue

Lors d'une énième dispute, les parents se battent pour… ne pas avoir la garde de l'enfant. Aucun d'eux ne veut s'encombrer d'Aliocha (Matvey ­Novikov). Obnubilés par leur nouvelle petite vie, Genia et Boris auront besoin de 24 heures pour réaliser que leur fils, qui a tout entendu de leur conversation, a disparu. C'est l'automne. Les parents indignes se transforment en êtres désespérés, bouffés par la douleur. Dans un décor austère et enneigé, ils mènent des recherches jour et nuit, ensemble et séparément.

Prix du jury à Cannes, encensé par la critique, ce drame âpre est une critique poignante, bien qu'un peu trop évidente, de la société d'aujourd'hui. Société où l'individualisme prime et où l'on cache son mal-être derrière des selfies superficiels.