«Le jeune Karl Marx»

26 septembre 2017 17:08; Act: 26.09.2017 16:23 Print

Ils ont pensé la révolution avec maestria et sourire

par Catherine Magnin - Derrière les deux grands esprits dont «Le jeune Karl Marx» raconte la rencontre, on peut aussi chercher la femme...

Une faute?

1844. Marx (August Diehl) est un intellectuel, un survolté, qui ne veut pas se laisser amadouer par la censure allemande. Alors il s'exile à Paris, avec son épouse Jenny (Vicky Krieps). Là, il rencontre Friedrich Engels (Stefan Konarske), fils révolté d'un riche industriel. Il en naîtra la force motrice de la révolution de 1848...

Quel duo que cet Engels - Marx. Quel quatuor même, si l'on considère que Friedrich est épris d'une prolétaire et que Karl a épousé une fille de l'aristocratie. D'ailleurs, ces dames ont joué un rôle considérable dans l'élaboration des idées de leurs compagnons. On ne le répétera jamais assez: derrière le génie, cherchez la femme!

Mais c'est évidemment Marx et Engels qui retiennent l'attention de Raoul Peck. Après le magistral documentaire «I Am Not Your Negro», le réalisateur haïtien donne dans la reconstitution historique sans succomber à l'académisme. Sa mise en scène est aussi intelligente, pétillante, vibrante que ses personnages. On y trouve même des poursuites dignes des bons films de gendarmes et de voleurs! Les personnages mettent de la farce dans leur rhétorique, au risque parfois de friser la caricature d'un peu trop près. Qu'importe. La leçon d'histoire des mouvements sociaux de l'époque fait mouche. On lira «Le Capital» d'un autre œil, après ce film.