«Désobéissance»

12 juin 2018 21:54; Act: 12.06.2018 21:54 Print

Réveil d'un amour interdit dans la communauté juive

par Marine Guillain - Le réalisateur d'«Une femme fantastique» signe un drame poignant avec «Désobéissance», qui réunit Rachel Weisz et Rachel McAdams.

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Un rabbin parle du libre arbitre. Soudain il s'écroule dans un dernier souffle au milieu de ses fidèles. Dans un loft new-­yorkais, Ronit (Rachel Weisz) photographie un vieil homme tatoué. Elle apprend alors la mort de son père. C'est établi: l’opposition entre ces deux mondes guidera «Désobéissance». Ronit l’insoumise prend l'avion pour regagner la communauté juive orthodoxe qu'elle a fui. Elle réapparaît comme un fantôme dans ce milieu étouffant où elle n’est plus la bienvenue.

C'est dans ce climat austère et pesant du nord de Londres qu'elle retrouve Esti (Rachel McAdams), son amour de jeunesse, mariée avec leur ami Dovid. Chacune a enterré à sa façon la passion qui les animait... du moins jusqu’à ces retrouvailles.

Dans cette adaptation du roman de Naomi Alderman, le Chilien Sebastian Lelio dessine délicatement ses personnages par petites touches. Même si elle se limite à peu près à deux expressions, Rachel Weisz, pilier central d'un émouvant trio, irradie l’écran. La transgression et la liberté de choix guident Lelio. C'était déjà le cas dans «Une femme fantastique», qui a révélé l'actrice transgenre Daniela Vega et a raflé l’Oscar du meilleur film étranger en mars.

Moins sublime et visuellement moins agréable, «Désobéissance» confirme cependant le talent du réalisateur pour mettre en scène des héroïnes marginales et tragiques.