«Take Shelter»

31 janvier 2012 17:26; Act: 31.01.2012 17:26 Print

Hanté par la fin du mondeHanté par la fin du monde

par Fred Ferrari - Premier film de l’année à évoquer l’apocalypse, «Take Shelter» fait rimer tragédie collective avec drame intérieur.

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Curtis est hanté par des images apocalyptiques. A-t-il vraiment perdu la tête ou a-t-il raison? En grand format sur notre portail vidéo Videoportal
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Curtis (impressionnant Michael Shannon, qui avait été nominé à l’Oscar du meilleur second rôle pour son interprétation du voisin de DiCaprio dans «Les noces rebelles») est un type comme tout le monde. Ni plus sympa ni plus croyant, ni plus malin ni plus courageux qu’un autre. Une nuit, cet ingénieur est pris de terribles cauchemars. Le ciel semble vouloir lui tomber sur la tête, en pluie jaune et poisseuse, prémices, pense-t-il, d’une terrible catastrophe. La fin du monde, il la sent venir. Désemparé, il consulte un psy. Après tout, sa mère n’a-t-elle pas perdu la tête au même âge? Pourtant, dans le doute, malgré les protestations impuissantes de sa femme (Jessica Chastain, décidément omniprésente à l’écran ces douze derniers mois), Curtis se met à transformer son abri antitornade en véritable bunker...

Raison et sentiment...

Dans «Take Shelter» (littéralement «Mettez-vous à l’abri»), le réalisateur Jeff Nichols réussit à rendre palpable le malaise vertigineux de son personnage principal. Comme Curtis, le spectateur balance entre raison et sentiment, entre l’enracinement cartésien dans les petits riens du quotidien et ce «feeling» qui rend suspect même le ciel le plus bleu. Surtout, «Take Shelter» est une formidable histoire d’amour: une femme préfère que son mari ait raison, même si cela signe leur arrêt de mort, pourvu qu’ils se réconcilient. Que ce film ne figure pas parmi les finalistes aux Oscars n’en semble que plus injuste.