«En guerre»

15 mai 2018 19:26; Act: 15.05.2018 19:26 Print

Ils se battent corps et âme pour sauver leur emploi

par Marine Guillain - Sélectionné en compétition officielle à Cannes, «En guerre» sort en même temps sur les écrans romands.

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«Celui qui combat peut perdre. Mais celui qui ne combat pas a déjà perdu.» La citation sur laquelle débute le dernier Stéphane Brizé annonce d'emblée la couleur. Après «La loi du marché», ovationné à Cannes il y a trois ans, le cinéaste revient avec un nouveau film politico-social. Avec dans le rôle principal, Vincent Lindon, encore.

L'acteur incarne un délégué syndical qui emmène les 1100 salariés de l'usine Perrin dans une lutte acharnée pour sauver leur emploi, après que l'entreprise de sous-traitance automobile a annoncé la fermeture totale du site. Leur combat, suivi par toutes les
télévisions françaises, prend des airs de «fiction-vérité». «Je souhaitais donner l'impression au public de participer, note le réalisateur. Lui faire sentir dans ses tripes ce que vivent les salariés.» Sa recette pour atteindre cet hyperréalisme: un scénario «extrêmement précis» et «aucune place pour l'à-peu-près».

Parce qu'il fait se confronter des argumentaires solides, ­Brizé permet d'éviter le cliché «gentils contre méchants» même si sa position est évidente. Climat ultrapesant, déchaînement de violence: «En guerre» monte en puissance lorsque les salariés se divisent. Comme une course contre la montre, le tournage n'a duré que 23 jours: «Aucun confort, aucun répit, juste une lutte pour arracher l’essentiel.»