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«Monsieur Lazhar»
07 février 2012 17:00; Act: 07.02.2012 14:57 Print
Sans faute pour Monsieur Fellag
par Fred Ferrari - Le comédien d’origine algérienne Mohamed Fellag interprète un enseignant dans un film canadien, «Monsieur Lazhar». Rencontre.
Quand Mohamed Fellag vous salue, on a envie de l’appeler Monsieur Lazhar. L’humoriste et acteur partage avec le héros du film de Philippe Falardeau la même élégance, la même modestie.
Drame dans le préau
Quand l’Algérien Bachir Lazhar se fait engager comme enseignant dans une école de Montréal, il cumule les handicaps: les écoliers sont traumatisés par le décès tragique de leur maîtresse, le corps enseignant est quasi exclusivement féminin, Bachir ne maîtrise pas le programme scolaire, et son statut de réfugié n’a pas encore été confirmé par les autorités canadiennes! Passant outre sa tragédie personnelle, il va se mettre à l’écoute de ses élèves... Sans esbroufe mais avec beaucoup de tact et une lucidité parfois mordante, Philippe Falardeau signe avec «Monsieur Lazhar» un petit bijou d’émotion.
«Monsieur Lazhar»
De Philippe Falardeau. Avec Mohamed Fellag, Sophie Nélisse, Emilien Néron.
Sortie le 8 février 2012
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– Avez-vous participé à l’écriture du scénario?
– Non, c’est Philippe Falardeau qui a fait ce formidable travail d’adaptation. Dans la pièce de théâtre originale, tout était écrit pour un seul personnage. Les autres n’existaient qu’à partir de ce qu’il en disait. La véritable prouesse d’écriture consiste à avoir construit des extensions qui trouvent toutes leurs justifications dans la pièce d’origine.
– Avez-vous apporté des ingrédients personnels? Je pense au livre «La transe des insoumis» de Malika Mokkedem, que Lazhar offre à Alice, une de ses élèves.
– Tout vient de Philippe. A un moment, on s’est dit que c’était un livre difficile pour une fille de l’âge d’Alice. J’en ai proposé quelques autres, mais finalement on en est resté à «La Transe». C’est un livre qui correspond à mon univers.
– Comment s’est passé le tournage avec les enfants?
– On a travaillé ensemble avant le tournage. J’ai insisté pour garder la bonne distance entre nous. Finalement, même quand ils se moquaient de moi, c’était avec respect!
– Si Bachir Lazhar était resté en Algérie, aurait-il la même retenue?
– S’il était resté à Alger, je l’imagine rigolard, en train de faire la fête! Il a été forcé de partir, ce n’est pas un émigré économique. Il lui faut une tenue morale pour ne pas sombrer dans la dépression. Et puis ces enfants, ce métier, c’est un peu comme retrouver au Canada la femme (enseignante) et les enfants qu’il a perdus en Algérie.
– Vous prêtez votre voix au personnage de Mahmoud dans le dessin animé «Zarafa».
– Je donne la réplique à mon ami Simon Abkarian, on s’est bien amusés à improviser!
– Irez-vous à la cérémonie des Oscars, où «Monsieur Lazhar» concourt pour celui du Meilleur film étranger?
– Non, car je suis en pleine tournée avec mon spectacle. Ma priorité a toujours été le théâtre, c’est là que je trouve mon plaisir. C’est pour ça qu’en général je tourne des films en été, pas le reste de l’année.























