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Tweek en interview
25 novembre 2011 07:01; Act: 25.11.2011 09:27 Print
«On voulait réaliser un album différent»
Tweek vernit le 26 novembre le troisième disque de son quadryptique. Rencontre avec Oni, rappeur et Luthor, beatboxeur.
Vous sortez la troisième pièce du puzzle de Tweek, «Top right». Expliquez-nous ce concept!
Oni: On voulait réaliser un album mais de manière différente. Notre but premier était de faire des scènes. On a donc voulu sortir un album en quatre parties avec une pièce chaque année pour toujours avoir de l’actualité. Chaque disque contient des morceaux fraîchement composés qui ont donc tous une couleur différente.
Les artistes peinent à vendre des disques et vous, vous en sortez quatre. N’est-ce pas un pari risqué?
Oni: Peut-être. Mais comme notre but n’était pas de vendre des disques mais de faire de la scène, on n’a pas pensé à cet aspect là. On a surtout voulu offrir un album d’une autre manière. On a aussi bossé sur le côté graphique des fourres, qui forment un puzzle quand on les met côte à côte.
Mais après allez-vous sortir un album récapitulatif?
Oni:Je n’ai pas envie de me prononcer à ce sujet. On va sûrement faire quelque chose autour de ça pour réunir le tout. Peut être une sorte de best-of avec des bonus… Mais on va déjà sortir le 4ème l’année prochaine et après on verra.
Votre particularité c’est l’énergie que vous dégagez sur scène. Comment fait-on pour la transposer sur disque?
Luthor: On est résolument un groupe de live. Le CD est plus là en tant que support pour le public. On a essayé plusieurs techniques d’enregistrement au fil des disques. Et sur cette 3ème galette on a trouvé notre aisance et la bonne technique: on joue tous ensemble et on retouche les instruments par la suite. C’est la meilleure manière de ramener l’énergie du live sur disque.
Freestyle rap et beatbox d'Oni et Luthor
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Pourquoi avoir choisi de rapper uniquement en anglais?
Oni: Au début des années 1990, on rappait en français. Mais Epik et moi, les deux rappeurs, sommes de langue maternelle anglaise. Et lorsqu’on a commencé à jouer avec les musiciens, avant que ce soit Tweek, on rappait en anglais pour plus coller à leur style, funk-soul-rock. Et comme ça marchait bien, on a continué comme ça. Il faut dire que personnellement, j’écoute plus de rap en anglais et j’ai plus d’affinités avec cette langue.
Donc Tweek ne sortira jamais quelque chose en français?
Oni: Ce n’est pas exclu. Mais pour l’instant on se focalise sur l’anglais.
Est-ce que ça vous a ouvert des portes pour jouer en Suisse alémanique?
Oni: Va savoir! (rires)
Luthor: Pour l’instant on n’a pas fait beaucoup de dates en Suisse allemande. Mais le fait d’avoir des textes en anglais permet certainement de mieux s’exporter. Le produit que l’on propose est ainsi plus international et nous permettra peut-être d’aller voir en Suisse allemande ou en Allemagne et de conquérir des nouveaux publics.
Oni: Cela dit, en suisse alémanique il apprécient quand même aussi le rap en français, regarde Stress.
Votre vernissage s’inscrit dans le cadre du festival Molekul’Air dont le concept est inédit. Expliquez-nous…
Oni: C’est organisé par Trock Music, une association qui vise à promouvoir les groupes suisses. Le concept est de réunir un représentant de chaque région linguistique et de le faire tourner dans toute la Suisse. Nous avons la chance de représenter la Suisse romande. Trois dates sont organisées. La première samedi à Vevey, la deuxième la semaine prochaine à Zurich et ensuite à Lugano.
Estimez-vous que les différentes langues suisses forment une barrière dans votre carrière?
Oni: C’est plus une barrière au niveau de la communication pour nouer des liens avec les programmateurs, les journalistes ou les acteurs de la musique en Suisse allemande. Mais musicalement je ne pense pas. La musique est quand même très universelle.
Que pensez-vous de la scène musicale suisse?
Oni: Il y a énormément de choses qui se font, pas uniquement dans le rap. C’est devenu assez pro. Et les artistes suisses tournent de plus en plus. En ce qui concerne notre créneau, j’aimerais voir encore plus de choses. Que les médias s’intéressent encore plus aux artistes. Même si parfois c’est à nous de venir vous trouver. On a encore une grande marge de progression dans nos relations!
Racontez-nous une anecdote que vous avez vécue lors d’un concert…
Luthor: Au Red Pigs à Payerne, on a vu des gens qui chantaient avec nous, qui connaissaient nos paroles. C’était surprenant! Ça fait super plaisir de voir ça! Pour y arriver ils ont dû nous écouter plusieurs fois par jour. (rires)
Oni: On part de l’idée qu’avant chaque concert, le public ne nous connaît pas. Alors ça fait d’autant plus plaisir quand on a des personnes face à nous qui nous attendaient.
(fab/fec)























