Cully Jazz

07 mars 2010 22:44; Act: 07.03.2010 20:21 Print

Un dieu du clavier et de l’élégance

par Emmanuel Coissy - Hank Jones, soliste ou accompagnateur des plus grands, est un monstre sacré du jazz. C’est la première fois qu’il fait escale à Cully.

Une faute?

«J’essaie de toujours trouver quelque chose de neuf et qui sonne «frais», actuel. C’est ce qui me fait avancer et aller toujours plus loin. Je suis un musicien moderne, dans le sens où je pense rester dans le coup et interpréter des morceaux que les gens veulent entendre aujourd’hui. Rejouer ce qui a été fait il y a quarante ans ne m’intéresse pas du tout.»

Cette profession de foi est celle d’un jeune homme âgé aujourd’hui de 91 ans, le pianiste Hank Jones. Son nom n’est pas aussi connu que ceux de ses amis de l’âge d’or du genre avec qui il a joué, Ray Brown, Thelonius Monk,
Benny Goodman, Charlie Parker, de ses mentors Art Tatum et Teddy Wilson, de ses divas d’Ella Fitzgerald à Diana Krall. Et j’en passe...

Fort d’une base classique (il joue Bach et Chopin) apprise auprès de sa mère, cet interprète, d’une folle allure en smoking, sait aussi tirer ses quatre épingles du jeu des élégances sur un clavier en touches noires et blanches. «Je ne me rallie à aucun style particulier. Je ne suis pas bop, pas swing, rien de tout ça. Je pense être un pianiste complet, avec ma propre personnalité, qui s’adapte à toutes sortes de situations musicales différentes.» Et parmi celles-ci, ses récitals en solo demeurent la plus fine expression de son art poétique.

Le maestro en concert solo face à son piano