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04 octobre 2017 13:00; Act: 12.10.2017 09:56 Print

Nous nous informons trop bêtement

Dieu bénisse Internet! Mais parfois, nous recevons tellement d’informations que nous n'arrivons plus à nous décider. Donc, parfois, moins c’est plus.

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Illustration: Marcel Reich

Une faute?

Comment faisait-on pour acheter une télévision avant de pouvoir faire son shopping en ligne? Il est presque difficile à croire qu'on se rendait dans un magasin spécialisé et qu'on se laissait conseiller par un seul professionnel. A l'heure actuelle, non seulement on doit choisir seul parmi une foule de modèles mais aussi savoir trier parmi les avis et conseils qui fleurissent sur le web. Tantôt un comparateur, tantôt un blog ou alors des avis d’utilisateurs sont sensés nous aiguiller.

Il y aurait presque de quoi en perdre son latin et l'envie de changer de télé. On pourrait passer une journée entière à se renseigner sur l'appareil dont on rêve tant. Mais à la fin, on dispose de tellement d'informations qu’il devient quasi impossible de faire un choix. Vaut-il mieux investir dans une TV OLED ou LED? Incurvée ou à écran plat? Chacun a son avis et pense avoir raison. Et à la fin, le client ne sait plus où donner de la tête.

Perdu dans la masse

Le paradoxe, c'est que c'est justement parce que ce flux ininterrompu est facilement accessible qu'on le sollicite. On part du principe que des faits nouveaux ont plus de valeur que ceux déjà connus. On veut aussi, par ailleurs, disposer du maximum d'éléments pour choisir en connaissance de cause.

Mais cette course effrénée a un effet pervers. Car, au final, nous ne sommes plus capables de traiter et d'analyser l'information. La communication de masse, comme l'appellent les chercheurs, a aussi pour conséquence qu'on n'est plus capable d'utiliser convenablement celle qu'on connaît déjà.

Rendus fous volontairement

Nous sommes tous victimes de cela. A l’ère de l’information, la question d’ailleurs n’est plus de savoir comment on s’informe, mais comment on filtre ce qu’on reçoit. E-mails, sites internet, blogs, réseaux sociaux: on voit tout passer mais on ne retient rien. Notre «système immunitaire contre les informations» ne fonctionne plus, écrivait déjà dans les années 1990 le critique des médias américain Neil Postman. Et le fondateur du magazine allemand «Spiegel» Rudolf Augstein, aujourd’hui décédé, a souligné que «le nombre de ceux qui ne sont plus informés à cause de la trop grande quantité d’informations sont de plus en plus nombreux.»

Certains savent profiter de ce flou artistique. Quand des juristes font de cas simples des dossiers interminables, ce n’est rien d’autre qu’une manœuvre de désinformation. Même une simple discussion avec un expert bancaire peut se transformer en casse-tête. Et quand un politicien ou un juge demandent de nouvelles expertises, c’est qu’ils ont parfois peur de devoir trancher.

Le risque de mal choisir

Pour résumer, on peut dire que plus on accumule d’informations, plus la décision se prend avec les tripes. C’est ce que la science appelle l’heuristique. On peut prendre une bonne décision, mais pas forcément LA bonne décision quand on ne se fie qu’à son expérience, ses sentiments ou à ses connaissances. En soi, ce n’est pas bien grave. Mais un jugement basé sur des faits vérifiés promet de meilleurs résultats. Il est clair qu’il est impossible de trouver une manière universelle de choisir quand on dispose de tellement d’informations. Ce qui est important, c’est de pouvoir déterminer quand notre vue d’ensemble est bonne et quand notre tête a trop chauffé pour décider rationnellement.

C’est un peu ce qui s’est passé avec la révision de la prévoyance vieillesse, que le peuple a refusée le 24 septembre. Un sondage d’Axa Investment Managers, mené par l’institut gfs Zurich, a démontré que l’intérêt de la population pour ce sujet a diminué peu avant la votation. Une des raisons invoquées est la trop grande quantité d’informations.

Quand on parle de prévoyance, l’important est donc de disposer des bons conseils et non pas de tous les conseils. La retraite n’est pas une télévision. On ne peut pas la remplacer facilement.

Comment vous défendez-vous contre la surinformation? Quand vous sentez-vous assez informé? Laissez un commentaire ci-dessous.



(CP)

Les commentaires les plus populaires

  • Albert Quentin le 04.10.2017 15:59 Report dénoncer ce commentaire

    Charité bien ordonnée...

    marrant de lire ce titre dans ce journal...

  • Bernard Rappaz le 04.10.2017 16:25 Report dénoncer ce commentaire

    La Blague !

    haha et c'est le 20 min qui le dit !!?? C'est le comble !

  • Gusss le 04.10.2017 14:44 Report dénoncer ce commentaire

    Oui oui.. la surinformation..

    ..c'est bien de le dire.. mais entre le dire et y contribuer il n'y a pas 15 mondes..

Les derniers commentaires

  • Jean Marc le 20.10.2017 18:15 Report dénoncer ce commentaire

    De qui se moque t on??

    « Trop bêtement »... C est vous qui relayez l info mais faudrait pas vous écouter.. Une explication de l auteur quant à cet article à il vous plaît ?!? Ou la encore c est juste une info à la ca comme je te pousse pour remplir les pages...

  • Sarah le 17.10.2017 12:19 Report dénoncer ce commentaire

    Personnellement...

    Je fais la grève des informations depuis plus d'une année et je m'en porte beaucoup mieux ! Plus d'infos inutiles et polluantes, les infos vraiment importantes finissant toujours par nous parvenir mais on évite ainsi les photos/vidéos voyeuristes et les détails inutiles et glauques. Et vu le côté pessimiste général des médias, qui ne nous balancent que des horreurs, c'est un bien !

  • Braik le 05.10.2017 10:13 Report dénoncer ce commentaire

    Argent quand tu nous tiens....

    Serait-il un début de autocritique de ce journal ? Ou c'est simplement que l'argent n'a pas d'odeur et tant pis si on se discrédite ? En tout cas j'ai bien rigolé

  • Senketsu le 05.10.2017 08:58 Report dénoncer ce commentaire

    info alternative

    Pour ma part, je fais le combo reddit+20min+mails, avec un peu de yahoo QR pour m'amuser.

  • tintin le 05.10.2017 08:47 Report dénoncer ce commentaire

    oui mais pas tous dan le mème panier

    mais dire que la votation pour la prévoyance vieillesse a été refusée parce que le peuple a reçu trop d informations c est complètement erroné .Le peuple a refusé cette initiative parce qu elle était injuste et que c était un mauvais projet au final qui aurait été le précurseur d une autre votation qu on se demande comment cela a pu être appuyé par des socialistes ..quand un projet est mauvais on en fait un autre au lieux de persister dans dans des voies obscures et inégales..alors on vous voit venir dire que le peuple a mal compris ah ah ah..déjà que toutes vos infos sortent des mème courants