FREERIDE

03 décembre 2008 22:50; Act: 03.12.2008 23:15 Print

«Je vis la montagne autrement»«Je vis la montagne autrement»

par Marc Fragnière - Le 12 mars 2006, la carrière de Jean-Yves Michellod est brisée net par un accident. A force de courage, il a depuis domestiqué son handicap.

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Montagnard passionné et skieur émérite, le guide ne pouvait imaginer sa vie sans montagne. Paraplégique, il vit aujourd’hui sa passion différemment, dévalant les pentes assis, avec son ski-bob.

– 20 Minutes. Qu’est-ce qui a changé dans votre relation avec la montagne depuis l’accident?

– Jean-Yves Michellod. Je ne peux malheureusement plus me lancer dans de grandes ascensions et je suis incapable de faire de la peau de phoque. Je me concentre presque uniquement sur le ski, qui était de toute façon mon activité de prédilection. J’ai un plaisir fou à dévaler les pentes et à fréquenter les endroits où je ridais avant l’accident. Parfois j’ai besoin de l’aide des copains pour m’y rendre, ou alors je fais de l’héliski.

– Hors freeride, vous vous alignez également en compétition sur piste. Il se murmure que les Paralympiques de Vancouver 2010 sont dans votre viseur...

– Effectivement, je m’entraîne à fond en alpin. Dès la semaine prochaine (n.d.l.r: au Pitztal en Autriche), je disputerai des manches de Coupe d’Europe. Mon rêve est de pouvoir m’aligner à Vancouver. Je n’ai que deux ans de ski assis et les athlètes qui dominaient cette spécialité en faisaient généralement depuis plus de dix ans. Le niveau est très élevé, je ne sais pas si j’arriverai à me qualifier en 2010. Si tel ne devait pas être le cas, je tenterai ma chance en 2014 (n.d.l.r: à Sotchi en Russie).

– Produit par les frères Falquet, un film retrace votre destinée. Avez-vous d’autres projets de la même obédience?

– Pour des raisons de budget, on a eu de la peine à boucler «JYM skieur libre». Toutefois beaucoup de personnes ont été touchées par ce film qui porte, selon elles, un message. J’ai évidemment d’autres projets en tête parce qu’il y a encore de nombreuses choses à montrer. On verra ce qu’on va faire ces deux prochaines années.