Athlétisme

24 septembre 2017 17:38; Act: 24.09.2017 17:38 Print

Kipchoge s'impose, razzia suisse en fauteuil roulant

Le Kenyan Eliud Kipchoge a remporté le marathon de Berlin dimanche. Les Suisses Hug, Schär et Graf se sont imposés en fauteuil roulant.

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Le champion olympique de Rio a réalisé la septième meilleure performance de tous les temps. (Dimanche 24 septembre 2017) (Photo: AFP)

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On attendait un match épique entre les trois meilleurs marathoniens du moment, et pourquoi pas un record du monde. Mais la bataille a tourné court dimanche à Berlin, où le Kenyan Eliud Kipchoge s'est imposé alors que ses rivaux Bekele et Kipsang ont abandonné avant le 30e kilomètre.

Scénario inattendu

Sous un fin crachin et sur une route détrempée par la pluie de la nuit, le champion olympique de Rio a tout de même couru en 2h03'32, soit la septième meilleure performance de tous les temps. Il lui a néanmoins manqué plus de 30 secondes pour battre le record du monde de son compatriote Dennis Kimetto (2h02'57). Les deux autres grandissimes favoris Kenenisa Bekele et Wilson Kipsang, qui visaient aussi le record du monde, ont lâché prise avant le 30e km.

Dans cette course où rien ne s'est passé comme prévu, la surprise est venue d'un jeune Ethiopien de 26 ans, Guye Adola, totalement inconnu du grand public. Ce spécialiste du semi-marathon, qui s'alignait pour la première fois de sa vie en compétition sur les 42,195 km, a tenu tête à Kipchoge jusque dans les deux derniers kilomètres, pour prendre finalement une incroyable deuxième place en 2h03'46.

Eliud Kipchoge a lui-même avoué avoir été surpris: «Je suis content d'avoir battu Adola. Je ne m'attendais pas à avoir à me battre contre quelqu'un d'autre que Bekele ou Kipsang», a-t-il dit. «Les conditions n'étaient pas faciles, à cause de la pluie. Heureusement, il n'y avait pas trop de vent.»

Agé de 32 ans, Eliud Kipchoge était devenu en mai le premier homme à approcher la barrière symbolique des deux heures, lors d'un test organisé par son équipementier Nike sur le circuit automobile de Monza. En 2h00'24, il avait pulvérisé le record du monde, mais son temps n'a pas été homologué car il avait bénéficié de conditions qui n'existent pas en compétition, notamment des lièvres qui se relayaient pour lui donner le tempo. Le Kenyan en avait cependant tiré la conviction qu'il pouvait battre le record du monde dès cette année à Berlin.

Pari manqué - pour cette fois du moins -, mais Eliud Kipchoge a ajouté une ligne à son phénoménal palmarès sur marathon, où figure la médaille d'or olympique de Rio, ainsi que deux victoires à Londres (2015 et 2016) et désormais deux à Berlin, après celle de 2015.

Maja Neuenschwander abandonne

Côté suisse, Adrian Lehmann a pris la 16e place en 2h15'12, à quatre secondes seulement de son record personnel. «Je suis satisfait à 100%», s'est réjoui le Bernois de 26 ans. Christian Kreienbühl (26e/2h17'17), Andreas Kempf (39e/2h19'22) et Geronimo von Wartburg (41e/2h29'26) sont aussi restés en dessous de la limite fixée par Swiss Athletics (2h19'30) pour les championnats d'Europe de l'année prochaine à Berlin.

Chez les dames, le Kenya a aussi été à l'honneur avec la victoire de Gladys Cherono, qui s'est imposée en 2h20'23.

Mauvaise journée en revanche pour Maja Neuenschwander, contrainte à l'abandon, comme cela avait déjà été le cas le printemps dernier à Londres. Le Bernoise était encore dans le coup à mi-parcours (7e place), avant de lâcher puis d'abandonner en raison de problèmes musculaires à la cuisse gauche. «Cela m'a pris peu avant le 25e km. Les douleurs étaient ensuite trop fortes», a-t-elle commenté.

Maja Neuenschwander sur le carreau, Susanne Rüegger a été la meilleure Suissesse du jour avec son 17e rang en 2h39'39.

Razzia suisse

Dans les épreuves en fauteuil roulant, les Suisses ont, une nouvelle fois, tenu le haut de l'affiche. Déjà vainqueur l'an dernier à Berlin, Marcel Hug s'est imposé en 1h29'03, ajoutant une nouvelle ligne à son impressionnant palmarès.

Vainqueur notamment cette année du marathon de Boston, le double champion paralympique était le favori à Berlin. Un statut qu'il a assumé avec brio dimanche, s'imposant avec plus de trois minutes d'avance sur les Japonais Kota Hokonuie et Ryota Yoshida. Heinz Frei a, lui, dû se contenter de la 4e place, battu pour quelques secondes par le duo nippon.

Chez les dames, les Suissesses ont signé un doublé avec la victoire Manuela Schär (en 1h40'05) devant Sandra Graf (1h45'24). Ce doublé aurait même pu devenir un triplé si l'Allemande Annika Zeyen (3e) n'avait pas pris le meilleur sur Patricia Keller (4e). En s'imposant, Manuela Schär a maintenu son invincibilité sur les grands marathons de l'année, elle qui avait déjà gagné en 2017 à Boston et Londres.

(nxp/ats)